Une offre «insultante», selon les paramédics

Face à l'impasse dans les pourparlers, les paramédics... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Face à l'impasse dans les pourparlers, les paramédics de l'Outaouais ont déclenché une grève en mars dernier et usent de divers moyens de pression.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Sans contrat de travail depuis mars 2015, les quelque 240 membres de la Fraternité des paramédics de l'Outaouais s'apprêtent à augmenter d'un cran leurs moyens de pression. La plus récente offre patronale entraînerait selon eux une «régression drastique» de leurs conditions de travail.

«Avec l'imposition par le ministre de la Santé (Gaétan Barrette) de la nouvelle façon de faire pour le financement et les coupes budgétaires, les compagnies [ambulancières] semblent nous dire que pour eux, il est hors de question de diminuer leur marge de profit, donc ils se tournent vers nos conventions collectives et pigent dedans», déplore le vice-président de la Fraternité et président du comité provincial de mobilisation, Carol Desjardins. 

La Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), qui représente des travailleurs de toutes les régions de la province sauf Montréal et Laval, qualifie même la plus récente proposition de la Corporation des services d'ambulance du Québec (CSAQ), déposée le 3 juillet dernier, de «ridicule et insultante». Elle croit que les employeurs tentent ni plus ni moins que de faire des économies sur le dos des travailleurs.

L'offre patronale comprend, entre autres, l'abolition des primes d'éloignement, ainsi que de la cinquième semaine de vacances acquise après 25 ans d'ancienneté et du temps et demi pour Noël et le jour de l'An, une clause à laquelle ont pourtant droit tous les autres corps de métier du domaine, déplore le syndicat. De plus, la hausse des salaires proposée est loin d'être suffisante et les journées de formation ne seraient plus rémunérées, clame le syndicat.

Le maintien des horaires de faction, dont l'élimination pure et simple est réclamée depuis belle lurette par les paramédics car ils n'ont plus leur raison d'être de nos jours, frustre également la partie syndicale. Les employés concernés par ce type d'horaire, qui oeuvrent majoritairement en zone rurale, travaillent sur appel à la maison sept jours par semaine, 24 heures par jour. Pouvant être appelés à tout moment pour se rendre à la caserne et prendre le volant de l'ambulance pour se rendre sur les lieux d'une intervention. Dans la région, des dizaines de paramédics doivent composer avec un tel horaire de travail dans la Haute-Gatineau, la Petite-Nation et le Pontiac, par exemple. 

«Il y a un grief provincial qui a été déposé à ce sujet, mais nos dirigeants ne semblent pas avoir la volonté de les abolir. Pourtant, ça améliorerait automatiquement le service à la population. Ça cause des délais de service», affirme M. Desjardins.

Face à l'impasse dans les pourparlers, les paramédics de l'Outaouais ont déclenché une grève en mars dernier et usent de divers moyens de pression. Par exemple, ils ne rédigent plus certains rapports, des autocollants ont été apposés sur les ambulances et n'assurent plus le transport de retour d'escortes médicales telles que des infirmières vers le point de départ, à moins qu'un patient soit présent à bord du véhicule. 

D'autres moyens de pression seront appliqués dans les semaines à venir, mais impossible d'en connaître la nature. 

«Nous ne dévoilerons pas nos punchs, mais on a établi une liste. Nous allons arriver à nos fins lentement mais sûrement, nous sommes patients», de dire Carol Desjardins, assurant que les services dispensés au public ne seront pas affectés.




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