Jusqu'à Hawkesbury pour sa fille

Caroline Delorme a pris la décision de voyager... (Martin Roy, Le Droit)

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Caroline Delorme a pris la décision de voyager de Gatineau à Hawkesbury pour que sa fille obtienne les services d'orthophonie et d'ergothérapie dont elle a besoin.

Martin Roy, Le Droit

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Une mère monoparentale de Gatineau a dû se tourner pendant un an vers l'hôpital de Hawkesbury pour obtenir les services d'orthophonie et d'ergothérapie nécessaires à ce que sa fille, une grande prématurée, soit prête pour faire son entrée sur les bancs d'école.

Caroline Delorme s'est reconnue dans la lettre signée plus tôt ce printemps par la pédiatre gatinoise Ève-Marie Bélanger, qui a dénoncé, dans un « cri d'alarme » lancé aux dirigeants du réseau régional de la santé, « plusieurs lacunes » dans l'accessibilité aux soins pour la clientèle pédiatrique.

La fille de Mme Delorme, qui est maintenant en 1ère année, est née après 25 semaines de grossesse. Diverses complications l'ont forcée à passer tout près de 100 jours à l'hôpital avant de pouvoir aller à la maison.

La petite avait 18 mois lorsque sa mère a constaté qu'elle semblait avoir un retard de langage. Après avoir obtenu une référence de son pédiatre, Mme Delorme a attendu « à peu près six mois » pour recevoir un appel l'invitant à des rencontres de groupe. Avant cela, elle avait payé de sa poche une orthophoniste du secteur privé pour évaluer le cas de sa fille, chez qui un « retard moyen à sévère » a été observé.

Une fois les rencontres de groupe terminées, Mme Delorme a obtenu un premier rendez-vous individuel dans le public. La fillette a eu droit à deux blocs de huit rencontres. « Après, je n'avais plus rien, déplore Mme Delorme. Il fallait que son dossier soit transféré à La RessourSe. Ça a été fait en 2014. »

La mère rapporte qu'il a toutefois fallu environ un an d'attente, après une rencontre avec une travailleuse sociale en mars 2015, avant que sa fille puisse obtenir un suivi en orthophonie dans ce centre spécialisé. Pour l'ergothérapie, ça a pris 18 mois.

Dans l'intervalle, Mme Delorme s'est tournée à quelques reprises vers le privé. « Mais ça coûte très cher tout ça », souligne cette mère monoparentale. Après avoir essuyé un premier refus à Ottawa, elle tente sa chance à Hawkesbury. Là aussi, il y avait de l'attente. Mais ce fut moins long qu'à Gatineau.

C'est ainsi que la fillette a eu droit à une quarantaine de rendez-vous à Hawkesbury, en 2015 et 2016, avant que la RessourSe n'ait de la place pour elle. « Et il fallait que les rendez-vous d'orthophonie et d'ergothérapie ne soient pas la même journée pour que le Québec rembourse, raconte Mme Delorme. Chaque fois, je faisais la route jusqu'à Hawkesbury. Une chance que j'ai un bon employeur. Je rattrapais mes heures avec mon laptop quand ma fille était couchée. Si je n'avais pas fait ça, ma fille n'aurait pas été prête pour l'école. Elle n'aurait même pas été en mesure de faire des phrases complètes. »

Le CISSSO mise sur le dépistage

Le Centre de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a revu ses façons de faire afin d'offrir un meilleur dépistage des problèmes de développement chez les enfants d'âge préscolaire.

Sans commenter directement le cas soulevé par Caroline Delorme pour l'obtention de services pour sa fille au cours des dernières années, la directrice adjointe des programmes jeunesse au CISSSO, Caroline Veilleux, souligne que des changements ont depuis été apportés afin de faciliter la «trajectoire» des jeunes enfants nécessitant un suivi.

Les modifications ont été faites en collaboration avec un chercheur de l'Université du Québec en Outaouais ayant notamment fait une «recension des bonnes pratiques et un portrait de la situation régionale», a indiqué Mme Veilleux, qui reconnaît qu'il pouvait y avoir des «délais d'attente importants».

Pour les jeunes d'âge préscolaire, il n'y a aucun service qui n'était pas offert auparavant, souligne Mme Veilleux. «Mais on a amélioré les choses sur la base des bonnes pratiques, précise-t-elle. On doit vraiment offrir le service le plus tôt possible.»

Au cours de la dernière année, le CISSSO a ainsi mis en place un guichet d'accès pour les services aux 0-5 ans, donc «une seule porte d'entrée», explique Mme Veilleux. Il s'agit là d'un «gain» pour la population, dit-elle, puisque le dépistage précoce qui en découle permet, lorsque cela est nécessaire, d'orienter rapidement un enfant vers plus d'un professionnel. «Souvent, avant, le jeune pouvait tomber sur une autre liste d'attente, même dans un même établissement», indique-t-elle.

Le CISSSO affirme par ailleurs ne pas se fier sur le privé pour desservir les enfants dont les parents peuvent se le permettre. «Il y a des gens qui vont faire ce choix-là, mais on a de plus en plus de demandes [pour le public], souligne Mme Veilleux. On se rend compte que nos volumes estimés ont même augmenté, mais notre objectif, c'est vraiment qu'avec une trajectoire plus fluide, on arrive à unir nos forces pour desservir toute la clientèle.»




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