Beaucoup de Québécois veulent donner la vie

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Le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu, rappelle l'importance de faire part de leur intention à leurs proches.

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La Presse Canadienne

MONTRÉAL - De toute évidence, plusieurs Québécois voient d'un bon oeil l'idée de devenir éventuellement des donneurs d'organes et de tissus.

À ce jour, plus de 2 700 000 d'entre eux ont officialisé leur consentement dans le registre de la Régie de l'assurance maladie et environ 1 400 000 citoyens de la Belle Province en ont fait autant dans celui de la Chambre des notaires.

Le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu, salue leur abnégation. Du même souffle, il leur rappelle l'importance de faire part de leur intention à leurs proches.

La directrice générale de la Maison des greffés Lina Cyr, Micheline Cyr Asselin, abonde dans le même sens que lui.

Selon elle, le simple fait pour une personne d'exposer clairement cette dernière volonté peut considérablement simplifier le processus décisionnel de son entourage au moment où elle se retrouvera sur son lit de mort.

« Quand des gens ont un proche qui est en état de mort cérébrale, c'est tout un deuil pour eux. Ils ont une peine immense. C'est pour ça qu'il faut dire à sa famille ce qu'on veut. [Ainsi], elle peut faire un choix beaucoup plus réfléchi » dans ce contexte pénible », explique-t-elle.

M. Beaulieu est conscient qu'il n'est pas facile pour quiconque d'aborder un tel sujet, mais il ajoute qu'il faut s'efforcer de voir le verre à moitié plein au moment de tenir une pareille conversation.

« C'est sûr qu'il faut [alors] penser à la mort et il y a peu de gens qui aiment songer à leur décès. Par ailleurs, si nous regardons ça autrement, nous pouvons très bien concevoir qu'à notre mort, nous pourrions sauver jusqu'à huit vies », mentionne-t-il.

« Au cours des 20 dernières années, grâce à la générosité de près de 2800 donneurs, il y a plus de 8000 personnes qui ont eu droit à des transplantations », spécifie-t-il pour donner du poids à son argumentaire.

Mme Cyr Asselin soutient que plusieurs d'entre elles ont carrément eu l'occasion de renaître, ce qui leur inspire un indéniable sentiment de gratitude.

« Respirer dans une paille tout le temps, c'est ce que ressentent les personnes en attente de poumons. Leur respiration est difficile. [Pourtant], elles ne perdent pas espoir et [...] elles ont une immense reconnaissance envers leur donneur, envers sa famille. Il y a des parents, des grands-parents qui ont la possibilité de voir grandir leurs enfants, leurs petits-enfants. Ça n'a pas de prix », illustre-t-elle.

Louis Beaulieu insiste, toutefois, sur le fait que de nombreux Québécois n'ont pas encore eu cette chance.

« Actuellement, environ 850 personnes sont en attente de greffes. La bonne nouvelle c'est que, depuis cinq ans, le nombre de gens [se trouvant dans cette situation peu enviable] a diminué d'un tiers », précise-t-il.

À son avis, le scénario idéal ne s'est néanmoins pas encore concrétisé.

« Ce qu'il faut viser c'est d'en arriver à un point où il y aura plus de transplantations que de personnes sur la liste d'attente », souligne-t-il.

M. Beaulieu et Micheline Cyr Asselin s'accordent pour dire que la Semaine nationale du don d'organes et de tissus, qui se poursuivra jusqu'à samedi prochain, représente le moment tout indiqué pour aborder cette question délicate.




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