Un urgentologue gatinois radié 15 mois pour avoir giflé une patiente

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Une radiation temporaire de 15 mois vient d'être imposée au Dr Luc-Philippe Lacroix, urgentologue à l'hôpital de Gatineau, par le conseil de discipline du Collège des médecins du Québec.

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Une radiation temporaire de 15 mois vient d'être imposée à l'urgentologue gatinois Luc-Philippe Lacroix pour ne pas avoir eu « une conduite irréprochable à l'endroit d'une patiente » qu'il a giflée.

La plus récente décision du conseil de discipline du Collège des médecins du Québec (CMQ), qui avait déjà reconnu la culpabilité du Dr Lacroix en mai 2016, fait en sorte que l'urgentologue pratiquant à l'hôpital de Gatineau ne pourra plus exercer sa profession pendant 15 mois. Le conseil de discipline recommande aussi au conseil d'administration du CMQ « d'imposer à l'intimé de suivre avec succès un cours de la Relation Savoir-Être ainsi qu'un cours sur la Gestion de la colère ».

Les faits qui étaient reprochés au Dr Lacroix remontent à janvier 2015. La plainte lui reprochait d'avoir giflé et tiré les cheveux d'une patiente agitée, et d'avoir tenu des propos injurieux à son endroit. Au terme des audiences, le conseil de discipline avait retenu la version présentée par un infirmier et des agents de sécurité de l'hôpital ayant assisté à la scène.

C'est en tentant d'immobiliser la patiente que le Dr Lacroix a asséné « une forte tape au niveau du thorax » de la dame, avant de tirer ses cheveux pour qu'elle demeure en place afin qu'elle puisse être attachée sur une civière.

La patiente a réagi en crachant au visage du Dr Lacroix. L'urgentologue, qui savait que la dame était porteuse du VIH et de l'hépatite C, l'a alors giflée. « Il la menace en lui disant qu'elle n'aura plus besoin de souhaiter mettre fin à sa vie et qu'elle ira en prison s'il est par sa faute infecté de l'hépatite C ou du VIH », lit-on dans la décision.

Lors de son témoignage devant le conseil de discipline, l'omnipraticien avait reconnu avoir « donné une tape » à la patiente pour tourner son visage. Il avait souligné s'être inquiété du risque de contamination, puisque le crachat de la patiente s'était retrouvé sur son visage, où il avait à ce moment des plaies ouvertes, et avait affirmé avoir voulu maîtriser la femme pour éviter qu'elle ne mette fin à ses jours à l'aide de comprimés qu'elle avait en sa possession.

« L'intimé a posé un geste grave, qui va à l'encontre du but premier de la profession, écrit le conseil de discipline dans sa décision sur sanction. Le fait qu'un médecin fasse preuve de violence physique et verbale avec un patient est inadmissible. Le Conseil est d'avis que l'on doit appliquer la tolérance zéro pour ce genre de comportement qui doit faire l'objet d'une sanction sévère tant à l'égard de l'intimé que des autres membres de la profession. »

Le syndic adjoint du CMQ, qui agissait à titre de plaignant, avait suggéré une radiation temporaire de trois ans, tandis que l'intimé avait proposé une radiation temporaire de quatre mois. Le conseil de discipline a statué qu'une période de radiation de 15 mois était une « sanction juste et raisonnable dans les circonstances ».

Au Centre de santé et de services sociaux de l'Outaouais, on précise que « la radiation sera effective à partir du 18 avril », puisque le Dr Lacroix a 30 jours pour en appeler de la décision.




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