Projet en périnatalité: une très longue gestation

Le 27 février 2014, la première ministre du... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Le 27 février 2014, la première ministre du Québec, Pauline Marois, arrive à Gatineau en compagnie du ministre de la Santé, Réjean Hébert, et du ministre responsable de l'Outaouais, Stéphane Bergeron, afin d'annoncer un investissement d'une dizaine de millions de dollars à l'Hôpital de Gatineau.

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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Trois ans après l'annonce du réaménagement de l'unité de périnatalité de l'Hôpital de Gatineau pour rapatrier des naissances de l'Ontario, aucun échéancier n'a encore été fixé pour sa réalisation. Pendant ce temps, trois nouvelles mères de l'Outaouais sur dix accouchent encore sur la rive ontarienne, chaque année.

C'était le 27 février 2014. Pauline Marois, alors première ministre, débarquait à Gatineau avec son ministre de la Santé, Réjean Hébert, afin d'annoncer un investissement d'une dizaine de millions de dollars pour réaménager au grand complet le troisième étage de l'Hôpital de Gatineau. Le but : y installer 32 chambres travail-accouchement-récupération-postpartum (TARP), 16 lits de néonatalogie et une salle de césarienne, dans l'espoir de rapatrier chaque année vers l'Outaouais environ 800 accouchements de femmes qui traversent en Ontario. 

Lors de l'annonce, on évoquait des travaux s'échelonnant jusqu'en 2018. Les mois s'écoulent et 2018 se fait de plus en plus près, mais le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) n'est toujours pas en mesure de dire à quel moment le projet pourra voir le jour, ni si la facture gonflera.

Le CISSSO affirme travailler « à compléter l'étude de faisabilité technique », une étape qui « devrait se terminer à l'automne 2017 ». Cette étude doit permettre d'établir une estimation du budget, un échéancier, un « plan d'aménagement préconceptuel » et une liste des équipements et du mobilier qui seront nécessaires.

En juin dernier, le grand patron du CISSSO, Jean Hébert, avait indiqué qu'un retard avait notamment été observé parce que le projet « n'était pas une priorité » pour l'ancien Centre de santé et de services sociaux de Gatineau. Un enjeu de « sécurité » avait aussi été soulevé pour les césariennes, avait aussi mentionné M. Hébert, laissant entendre qu'il faudrait « peut-être » que la nouvelle unité compte deux salles de chirurgie plutôt qu'une seule.

La porte-parole du CISSSO, Geneviève Côté, n'a pas voulu révéler si la plus récente version du projet comprend ou non des salles dédiées aux césariennes. Dans sa réponse, le CISSSO note que le projet prévoit les 32 chambres TARP et les 16 lits en néonatalogie, mais n'évoque aucune salle de chirurgie.

En Ontario

En attendant d'avoir accès à davantage d'espace pour accoucher en Outaouais, de nombreuses résidentes de la région continuent de traverser en Ontario pour y donner la vie. Selon les plus récentes données du CISSSO, 1292 poupons de l'Outaouais ont ainsi vu le jour dans la province voisine en 2015-2016. Sur un total de 4205 naissances compilées pour des mères de l'Outaouais, il y en a donc eu 30,7 % en Ontario. L'année précédente, cette proportion avait atteint 33,4 %, tandis qu'elle se situait à 25,6 % quelques années plus tôt, en 2010-2011.

Avec l'inauguration de la nouvelle Maison de naissance (MDN) de l'Outaouais, l'hiver dernier, une première vague de rapatriement semble s'effectuer. Pour l'année 2015-2016, pendant laquelle la majeure partie des accouchements ont eu lieu dans les anciens locaux, 186 naissances ont été enregistrées à la MDN. Pour l'année en cours, soit entre le 1er avril 2016 et le 7 janvier dernier, 245 bébés ont déjà vu le jour dans la nouvelle MDN, située sur l'avenue Gatineau.

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