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Désengorgement des urgences de l'Outaouais: aux grands maux, les grands moyens

Jean Hébert, PDG du CISSSO, a rencontré la... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Jean Hébert, PDG du CISSSO, a rencontré la presse jeudi pour expliquer les mesures qui seront mises en place pour désengorger les urgences de la région.

Etienne Ranger, Le Droit

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Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) prend le taureau par les cornes. Déterminée à désengorger les urgences de la région parce qu'elle affirme être coincée dans un cercle vicieux et que le plan de débordement et l'ouverture d'unités de transition ou de lits de surcapacité n'est visiblement plus la solution optimale, l'organisation annonce qu'elle met en place dès ce week-end un plan d'action comprenant des mesures temporaires.

À l'heure actuelle, 178 personnes en attente de services alternatifs ou d'une place en hébergement occupent des lits de courte durée dans les six hôpitaux de la région, un nombre si élevé que c'est du jamais vu. Pour pallier à la problématique et permettre aux patients de l'urgence d'obtenir un lit sur une unité dès que leur état le permet, jusqu'à 45 patients seront transférés vers un milieu plus adapté que l'hôpital, une opération qui se mettra en branle cette fin de semaine, après que les familles aient été avisées. 

« Ces gens-là ne sont pas à la bonne place présentement, ce qui fait que ça engorge toute la fluidité pour la clientèle. Depuis les derniers mois, on suivait ça et on avait à peu près en moyenne 140 personnes, mais là ça commence à bloquer dans notre système. Le milieu hospitalier en est un de traitement et non d'hébergement », a dit d'emblée le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert.

Avouant qu'il s'agit de solutions à court terme, ce dernier en a profité pour dire que l'Outaouais compte bien avoir sa part du gâteau des 100 millions $ annoncés par Québec le mois dernier pour mieux gérer l'occupation des lits dans les hôpitaux, désengorger les urgences et maintenir si possible les patients à domicile. 

« On travaille sur des scénarios et des projets qu'on soumettra quand on saura quelle enveloppe sera réservée à la région. Ces scénarios-là vont prendre peut-être 12 à 18 mois avant de pouvoir se réaliser donc à court terme, on est en train de mettre en place des mesures transitoires pour permettre d'offrir un meilleur service. Ça s'inscrit finalement dans le plan de match qu'on voulait développer. Ce ne sont pas des gestes improvisés », soutient M. Hébert, conscient que le personnel pourra mieux respirer. 

Il invite du même coup la population à éviter les urgences autant que faire se peut. La ligne 811 (Info Santé et Info social) sont de bonnes alternatives, dit-il, tout comme un rendez-vous avec son médecin de famille ou une visite à la mini-urgence pédiatrique dans le cas des 0-17 ans. 

La présidente du Comité des usagers du CISSSO, Huguette Cloutier, voit d'un bon oeil le plan d'action annoncé, mais elle compte surveiller de près les conséquences.

« Je veux que les répercussions sur l'usager soient les moindres possible. Je sais que ça va apporter du changement tout ça, sauf que l'usager et les familles doivent être la base. Nos décisions doivent être prises par rapport à ces gens-là. Mais j'ai l'impression que cette fois-ci pourrait être la bonne, on travaille beaucoup dans un esprit de collaboration. Il y a des choses qui changent », affirme-t-elle.

Le coordonnateur du groupe Action Santé Outaouais, Jean-Charles Pichereau, demeure sceptique sur les nouvelles procédures du CISSSO, même s'il y voit aussi du positif.

« Déjà, que l'organisation réagisse et n'attende pas que le ministère de la Santé impose ou donne des directives, il faut le souligner. Il y a une volonté d'être réactif. [...] D'autre part, on se demande aussi si on ne fait pas simplement que déplacer le problème. Il faudrait que ce soit des mesures qui deviennent pérennes », questionne-t-il.   

À 20 h, jeudi, les taux d'occupation dans les urgences des hôpitaux de la région variaient entre 25 % (à Shawville et Wakefield) et 142 % (à Buckingham). 

Sur les 98 patients alités sur une civière d'urgence aux quatre coins de l'Outaouais au même moment, 24 y séjournaient depuis plus de 24 heures. 

De ce nombre, neuf occupaient une civière depuis plus de 48 heures, alors que la cible du ministère est établie à 12 heures.

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