Employés suspendus au CISSSO pour avoir parlé à une journaliste

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Le président-directeur général du CISSSO a confirmé que des mesures disciplinaires ont été imposées à deux employées mais n'a pas confirmé les détails.

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La suspension sans solde de deux employés ayant permis à une journaliste de TVA de pénétrer à l'intérieur de l'hôpital de Gatineau est vivement dénoncée par leur syndicat et par la section régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) s'insurge que des suspensions sans solde de trois mois et six mois aient été imposées aux employés ayant « interpelé un média de la région au sujet du gaspillage de fonds publics pour la construction d'un laboratoire médical inutilisé ». Selon le syndicat, ces mesures « complètement exagérées » démontrent que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) « cherche à museler les employés qui constatent des aberrations dans le système public et qui veulent informer la population ».

Les suspensions ont été imposées à la suite d'un reportage diffusé le mois dernier par TVA Gatineau-Ottawa au sujet d'un laboratoire flambant neuf qui demeure inutilisé depuis plusieurs mois.

« Ces mesures disciplinaires sont un peu l'équivalent du bâillon, a déclaré par voie de communiqué le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Christian Meilleur. [...] Quand les deniers publics sont en jeu, la population a le droit de savoir. »

La FPJQ-Outaouais juge pour sa part « inadmissible » une telle sanction, tout en demandant au CISSSO de « reconsidérer » sa décision et « de faire preuve de la plus grande transparence aux yeux du public ». « Le CISSSO indique à ses employés que la loyauté envers l'employeur doit avoir préséance sur l'intérêt du public, écrit la FPJQ-Outaouais dans un communiqué. Il laisse aussi croire que les citoyens de Gatineau ne doivent pas savoir ce qui se passe réellement dans leur centre de santé. »

Le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, a confirmé que des mesures disciplinaires ont été imposées à deux employées mais n'a pas confirmé les détails, puisque les dossiers de ressources humaines doivent être traités de manière confidentielle par l'employeur. « Les deux employés visés ont des recours prévus dans leur convention collective, a-t-il précisé. [...] Mais notre décision est fondée sur la jurisprudence, et on est sûr qu'au bout de la ligne, on va gagner notre point et que la décision est juste. »

Interrogé à savoir si le CISSSO aurait laissé entrer la journaliste dans l'hôpital si une telle demande avait été faite, M. Hébert n'a pas voulu présumer de la réponse qui lui aurait été servie. « Je ne sais pas si on l'aurait laissée entrer, mais si on l'avait fait, on aurait pris les précautions nécessaires », a-t-il mentionné.




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