Un patient meurt faute de suivi médical

En 2015, le patient avait reçu un diagnostic... (Archives, La Presse)

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En 2015, le patient avait reçu un diagnostic de maladie pulmonaire obstructive chronique, montrait des symptômes de fatigue, éprouvait des difficultés respiratoires et ressentait des douleurs thoraciques.

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L'absence d'un suivi médical et d'un traitement approprié a contribué au décès d'un quinquagénaire de La Pêche survenu en début d'année, vient de conclure un coroner.

Dans un rapport daté d'octobre dernier, le coroner Paul G. Dionne se penche sur le décès d'un homme de 56 ans, « connu comme fumeur » et qui « présentait depuis quelques mois des bronchites ». L'analyse du Dr Dionne sur le suivi médical offert au quinquagénaire dans les mois précédant son décès révèle qu'« il y a nettement un manque de suivi et de communication ».

«Pauvrement géré»

Le coroner recommande ainsi au Collège des médecins du Québec « de revoir le suivi de ce cas ». Il recommande également au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) « d'essayer de comprendre pourquoi le dossier de ce patient est pauvrement géré et d'apporter les modifications nécessaires ».

En mai 2015, le patient avait reçu un diagnostic de maladie pulmonaire obstructive chronique, et une médication lui avait été prescrite. Au mois de septembre suivant, à l'occasion d'une « visite de contrôle », des symptômes de fatigue, des difficultés respiratoires et des douleurs thoraciques sont observées, de sorte qu'une référence est rédigée afin d'obtenir une consultation en cardiologie.

Selon les informations colligées par le coroner, un cardiologue a facturé la Régie de l'assurance maladie du Québec pour une consultation avec le patient le 13 octobre 2015. Or, « le dossier du traitement et le dossier médical du centre hospitalier ne contiennent aucune note de cette visite », souligne le Dr Dionne.

Des examens ayant révélé divers problèmes sont passés au début du mois de janvier 2016, mais « il n'y a aucune évidence dans les dossiers médicaux que ces résultats ont été transmis au médecin consultant ». Le médecin ayant demandé la consultation en cardiologie a reçu copie des résultats le 21 janvier, la veille du décès. Ce médecin, qui n'avait pas revu le patient depuis septembre, conclut qu'il est pris en charge en cardiologie.

Le 22 janvier au matin, le patient s'est effondré à son domicile, victime d'un arrêt cardio-respiratoire. Des manoeuvres de réanimation sont effectuées, en vain.

«Accident dans le suivi»

« On peut toutefois penser qu'à la suite des examens de janvier, si [le patient avait] bénéficié d'un traitement, ou, pour le moins, une nouvelle évaluation clinique, ceci aurait certainement prolongé son existence », écrit le coroner dans son rapport, en précisant qu'il s'agit d'un décès « de cause naturelle, mais dans un contexte d'accident dans le suivi du patient (délais, non-suivi, non-communication et non-documentation) ».

En conclusion, le Dr Dionne évoque un décès des suites d'une « arythmie cardiaque dans un contexte de maladie coronarienne sévère ». « Le non-traitement et le non-suivi ont amené [le patient] à son décès », écrit-il.

Le CISSSO n'a pas voulu commenter ce dossier, mais affirme prendre au sérieux les recommandations du coroner.

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