Une pharmacienne radiée temporairement

Une pharmacienne de l'Outaouais ayant dérobé des dizaines de comprimés... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Une pharmacienne de l'Outaouais ayant dérobé des dizaines de comprimés d'oxycodone dans ses lieux de pratique pour assouvir sa dépendance vient de se voir imposer une période de radiation temporaire de 23 mois par le conseil de discipline de son ordre professionnel.

Dans une décision rendue à la fin octobre, le conseil de discipline de l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) porte un jugement sévère sur la conduite d'Anik Isabelle, qui a reconnu sa culpabilité à 13 des 14 chefs d'infraction qui lui étaient initialement reprochés. La décision souligne notamment que sa conduite « porte ombrage à l'ensemble de la profession ».

Selon cette décision, Anik Isabelle, diplômée depuis le début des années 2000, a développé une dépendance à l'oxycodone en 2010. L'année précédente, alors qu'elle travaillait à l'hôpital de Shawville, elle avait gardé dans son sarrau un pot de 100 comprimés d'oxycodone, un puissant narcotique, qui lui avait été remis pour destruction.

Alors qu'elle habitait aux États-Unis en 2010, elle a retrouvé ce contenant et a décidé de prendre un comprimé. Ce fut le début de ses problèmes de consommation, qui l'ont suivie dans divers emplois qu'elle a occupés en tant que pharmacienne en Colombie-Britannique et en Outaouais.

Rechute et soupçons

Malgré un suivi médical et une thérapie en Colombie-Britannique en 2011 et 2012, Mme Isabelle a connu des rechutes. C'est ainsi qu'entre novembre 2014 et mai 2015, la pharmacienne a subtilisé des centaines de comprimés d'oxycodone dans trois pharmacies à Gatineau et Shawville, ainsi qu'à l'hôpital de Papineau, dans le secteur de Buckingham. En avril 2015, elle a également commis une infraction « en remettant dans le coffre des stupéfiants de l'hôpital des stupéfiants altérés », lit-on dans la décision.

Confrontée par une collègue de l'hôpital de Papineau au printemps 2015, Anik Isabelle a nié avoir dérobé des stupéfiants. L'année précédente, elle avait « entravé le syndic dans l'exercice de ses fonctions en refusant à deux reprises de se soumettre à un test de dépistage de drogues ». À l'époque, l'OPQ voulait la rencontrer pour faire le point sur les événements survenus en Colombie-Britannique, où elle s'était engagée à ne plus pratiquer jusqu'à ce qu'elle réponde à « certaines conditions spécifiques à sa consommation de stupéfiants [...] ».

La sentence imposée à Anik Isabelle se compose d'un total de 23 mois de radiation temporaire. Une période de radiation provisoire en vigueur depuis juin 2015 sera soustraite de ce total. Elle devra également payer 2500 $ d'amendes, et a signé un engagement prévoyant qu'elle ne doit consommer aucune drogue contrôlée, sauf si elle est prescrite par un professionnel de la santé.

Au moment où elle se réinscrira au tableau de l'OPQ une fois sa radiation purgée, Mme Isabelle sera soumise pendant un an à une limitation de son droit d'exercer dans une pharmacie communautaire ou en établissement. Elle s'est aussi engagée à ne pas gérer, commander ou détruire des narcotiques pendant un an lorsqu'elle reprendra l'exercice de la profession.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), dont le système de caméra en place à l'hôpital de Papineau a permis de confronter Mme Isabelle, n'a pas revu ses procédures de gestion des narcotiques, puisqu'elles sont décrétées par le fédéral. 

« Nos registres étaient à jour, souligne la porte-parole du CISSSO, Geneviève Côté. [...] C'est la façon de faire en place qui nous a permis de détecter qu'il y avait un problème avec l'inventaire. »

Journée de tests Pap pour patientes orphelines

Les patientes orphelines de l'Outaouais auront accès, le vendredi 18 novembre prochain, à une toute première « Journée test Pap » qui sera organisée à Gatineau dans le cadre d'une initiative de prévention et de sensibilisation au dépistage du cancer du col de l'utérus.

L'activité lancée par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), en collaboration avec les gynécologues de la région et la Société canadienne du cancer, s'adresse aux femmes qui sont âgées de 21 ans et plus, qui n'ont pas de médecin de famille et qui n'ont pas passé de test Pap au cours des trois dernières années. Elles ne doivent pas non plus être en attente d'une consultation avec un gynécologue.

Au total, 210 places seront disponibles pour cette journée, qui pourrait être répétée si le taux de réponse est satisfaisant, a indiqué la porte-parole du CISSSO, Patricia Rhéaume. Trois gynécologues et des infirmières participeront à cette initiative. Les femmes intéressées à obtenir l'une des places disponibles doivent prendre un rendez-vous à l'hôpital de Gatineau en composant le 819-966-6300, entre 8 h et 16 h, du lundi au vendredi. Le CISSO rappelle que « cet examen ne prend que cinq minutes et constitue le meilleur test de dépistage du cancer du col de l'utérus et permet de sauver des vies ».

En 2013-2014, près de 33 000 tests Pap avaient été effectués au CISSSO, un nombre qui a baissé à un peu moins de 28 000 en 2015-2016.

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