Agressions de préposés aux bénéficiaires: la CSN sonne l'alarme

Trois représentants syndicaux, Michel Qijida, Paul Carrière et... (Benoit Sabourin, LeDroit)

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Trois représentants syndicaux, Michel Qijida, Paul Carrière et Christian Meilleur, ont rencontré la presse jeudi.

Benoit Sabourin, LeDroit

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Le Conseil central des syndicats nationaux de l'Outaouais (CSN) et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) sonnent l'alarme face à l'augmentation des incidents à caractère violent à l'égard des employés des centres d'hébergement de la région, une situation qu'ils attribuent à la réforme du système de santé orientée autour de la Loi 10.

Dans le cadre de la Semaine de la santé et de la sécurité au travail, les dirigeants syndicaux ont fait le point sur la situation de la violence des patients envers des préposés aux bénéficiaires, jeudi matin, devant le Centre d'hébergement Vallée-de-la-Lièvre, à Buckingham.

La CSN soutient que les cas de commotions cérébrales, de fractures de doigts, de morsures, de contusions et d'égratignures à l'endroit des travailleurs du réseau en Outaouais sont de plus en plus fréquents depuis le début 2015, une réalité qui cause notamment des problèmes de détresse psychologique et d'épuisement professionnel chez les préposés.

Les dirigeants syndicaux soutiennent que la réforme du ministre de la Santé Gaétan Barrette a créé un « flou » puisque la question des maraudages entourant la Loi 10 n'est toujours pas réglée. Ce contexte met au rancart la formation en prévention et sécurité auprès des travailleurs concernés. Les comités paritaires en santé et sécurité sont littéralement paralysés par la refonte du système, déplore Michel Quijada, président du CSN de l'Outaouais.

« Les gens se font agresser. Il y a eu des commotions cérébrales. Il y a des gens qui se font cracher dessus et qui se font grafigner, ç'a n'a pas de sens. Il faut trouver une solution. On veut s'asseoir avec l'employeur et regarder ça. La réorganisation du réseau ne doit pas être un prétexte. Je fais un appel solennel à la direction à remettre sur pied les comités de santé et sécurité et à travailler sérieusement », a-t-il lancé, jeudi.

La partie syndicale clame que la situation s'est dégradée depuis la dernière année et demie alors que le nombre de dossiers d'assurance-salaire est à la hausse.

Selon des chiffres avancés par le Syndicat des travailleuses et travailleurs du CSSS de Papineau, près de 20 % des 202 préposés aux bénéficiaires attitrés aux trois établissements de ce territoire seulement sont actuellement absents du travail pour des raisons de santé ou en raison de lésions professionnelles qu'ils ont subies. 

Un plan d'action prévu

La porte-parole du CISSSO, Geneviève Côté, fait valoir qu'une formation de base a été donnée l'été dernier à certains employés du territoire de Papineau afin que ceux-ci puissent réagir adéquatement lors de certaines situations délicates. Le personnel attitré aux centres d'hébergement devrait recevoir une formation plus étoffée à ce sujet en janvier.

Quant à la hausse du nombre de dossiers d'assurance-salaire, un plan d'action sera prochainement mis en place pour tenter de pallier à la situation.

« On était déjà au courant de certaines problématiques, mais c'est la première fois que le syndicat nous énonce la problématique de cette façon. C'est certain que pour nous, on va s'asseoir avec les gens du syndicat, les écouter et travailler en collaboration avec eux », a mentionné Mme Côté.

Selon des statistiques avancées par le CISSSO, 80 % des résidents en CHSLD présentent un déficit cognitif et environ 90 % de cette tranche de clientèle aux prises avec ce problème va potentiellement développer un trouble du comportement.

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