Un an d'attente au public, six jours au privé

Christine Delage devant la clinique privée montréalaise où... (Courtoisie)

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Christine Delage devant la clinique privée montréalaise où elle a subi, mardi, une arthrographie distensive afin de traiter une capsulite à l'épaule.

Courtoisie

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Confrontée à un délai d'attente d'un an dans le réseau public à Gatineau, une patiente s'est tournée vers une clinique privée montréalaise où elle a obtenu en six jours un traitement pour une capsulite à l'épaule, dont les coûts seront en majeure partie assumés par le gouvernement.

Christine Delage s'estime chanceuse dans sa malchance. Depuis le mois de juin, son épaule gauche la fait souffrir. Son médecin de famille l'a récemment référée à un rhumatologue et une annulation lui a permis d'avoir un rendez-vous le 21 septembre. « Sinon, ça allait en décembre, mais pour voir un spécialiste, ce n'est pas si pire », estime Mme Delage.

Avant ce rendez-vous, elle devait subir un examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM). Au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), on indique que le délai d'attente est d'environ un an, mais que les radiologistes peuvent passer certains cas en priorité. « Pour l'IRM, je n'ai même pas essayé dans le public, je suis allée directement au privé, ça a coûté 745 $, raconte Mme Delage. Je suis dans une situation privilégiée parce que c'est couvert par mes assurances, mais ça me rend très triste pour les gens qui n'en ont pas. »

L'engorgement du système public l'a frappée quand le rhumatologue lui a remis un document pour qu'elle subisse une arthrographie distensive, une procédure pour injecter de la cortisone dans son épaule qui doit être réalisée par un radiologiste. Le rhumatologue a évoqué des délais de trois à quatre mois dans le réseau public, et lui a parlé de deux cliniques privées gatinoises. Dans les deux cas, le traitement n'y était plus offert.

En appelant à la centrale de rendez-vous de l'Hôpital de Gatineau, Christine Delage a appris que le délai d'attente était « de 12 à 18 mois ». Au CISSSO, on affirme plutôt que le délai varie entre neuf mois et un an.

À Montréal

« Il n'était pas question que j'attende tout ce temps-là, lance Mme Delage. J'ai fait des appels à des cliniques privées dans la région de Montréal, et finalement, j'ai eu rapidement un rendez-vous. Je dois payer 75 $ pour l'injection, et le reste est payé par la Régie de l'assurance maladie. »

Christine Delage est catégorique : la douleur liée à sa capsulite est « épouvantable ». « Je suis à 30 % d'une mobilité normale, soulignait-elle lundi, la veille de son traitement. Je suis même incapable de tourner une poignée de porte avec ma main gauche. [...] Je ne suis pas fonctionnelle, et les médicaments que l'on doit prendre ont des effets secondaires, donc je ne suis pas aussi productive au travail. Des choses aussi simples qu'attacher mon soutien-gorge, je ne suis plus capable de les faire. »

La porte-parole du CISSSO, Geneviève Côté, a indiqué que l'arthrographie distensive peut être obtenue en moins de neuf mois « si le médecin traitant parle avec le radiologiste pour discuter de l'urgence de la condition ». En ce qui concerne l'IRM, le CISSSO affirme qu'« une augmentation des heures d'examens est en planification » afin d'offrir des examens en soirée. « De plus, nous sommes en préparation d'un plan pour améliorer l'accessibilité en fonction des besoins de la population, car un seul appareil d'IRM, même s'il fonctionne à plein rendement, n'est pas suffisant », a ajouté Mme Côté.

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