Les congés prolongés se multiplient dans les centres jeunesse

En l'espace d'un an, le recours aux congés prolongés a presque doublé aux... (Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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Ivanoh Demers, Archives La Presse

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En l'espace d'un an, le recours aux congés prolongés a presque doublé aux Centres jeunesse de l'Outaouais (CJO), une situation jugée inquiétante par le syndicat, qui soutient que ses membres sont à bout de souffle.

De 2014 à 2015, les sommes dépensées par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) en assurance salaire générale aux CJO ont bondi de 550 700$ à 965 000$.

D'emblée, le directeur adjoint à la direction des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CISSSO, Robert Giard, reconnaît que cette hausse représente une anomalie. «Quand on regarde les chiffres, c'est clair. On se dit tous: "Attends une minute, qu'est-ce qu'on fait avec ça?"»

La situation des CJO semble particulièrement inquiétante, puisque la hausse du recours à l'assurance salaire générale n'a pas son égal au CISSSO en 2014 et 2015. Les montants versés à des employés en congé prolongé ont diminué dans certaines unités et augmenté ailleurs, mais nulle part à un point tel.

«Il faut faire très attention à l'interprétation des chiffres, précise cependant Robert Giard. C'est souvent une multitude de facteurs qui contribuent à ça.»

M. Giard affirme qu'une table de travail - à laquelle participent les syndicats - est en place pour régler ce type de problème. Les représentants du syndicat des professionnels et techniciens des CJO sont toutefois sceptiques.

L'assurance salaire peut être versée par l'employeur dans plusieurs circonstances. Un employé qui combat un cancer pourrait en bénéficier, au même titre qu'un travailleur qui souffre d'épuisement professionnel.

Selon le syndicat, la forte majorité des congés prolongés relèvent justement de l'épuisement. Si une «multitude de facteurs» est à la racine de la hausse des congés prolongés, le syndicat a déjà quelques suggestions.

L'exécutif syndical estime d'une part que les ressources sont insuffisantes. Il souligne que les CJO ont eu recours à quelques reprises aux services d'une entreprise de sécurité pour assurer la surveillance des jeunes.

D'autre part, comme les CJO sont un service de dernier recours, le syndicat soutient qu'ils sont victimes des compressions ailleurs dans le réseau de la santé et des services sociaux. Certains enfants avec une déficience intellectuelle ou avec une dépendance, par exemple, se sont retrouvés dans les CJO. Or, il ne s'agit pas de la ressource la plus appropriée pour leur venir en aide, souligne le président du syndicat des professionnels et techniciens des CJO, Martin Leblanc.

«Ça nécessite une intervention rapprochée et ça enlève du temps pour le reste de la clientèle. [...] Il y a un épuisement en ce moment, et ça vient nuire aux services qu'on offre.»

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