Pour Mathieu et pour les autres

On ne saura jamais avec certitude si Mathieu Trudel serait encore en vie sans... (Martin Roy, LeDroit)

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Martin Roy, LeDroit

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On ne saura jamais avec certitude si Mathieu Trudel serait encore en vie sans son accident de vélo. Ni même ce qui s'est réellement passé le matin du 30 octobre 2014.

Son père, Roger Trudel, veut éviter qu'une autre famille ait à vivre une telle situation.

Devant l'absence d'un rapport d'incident du Service de police d'Ottawa, l'avocat de profession a conduit sa propre enquête pour obtenir des réponses à ses questions.

Ce qu'on sait avec certitude, c'est que Mathieu Trudel circulait à vélo sur la rue Rideau en direction est et qu'il est tombé à l'entrée de la place Fountain, tout juste avant d'arriver au pont Cummings. Ce matin-là, des travaux étaient en cours sur la rue Rideau et une seule voie était ouverte en direction est.

Dans les jours qui ont suivi l'accident, Roger Trudel a rencontré les passants qui sont venus en aide à son fils. Ils lui ont indiqué qu'un camion de livraison était immobilisé à l'extérieur de la zone de travaux, juste à côté de l'endroit où Mathieu était étendu. Ces témoins lui ont également appris dit qu'ils n'avaient pas vu de signaleur de chantier, ce matin-là. Le père du défunt se questionne à savoir si ce camion de livraison a eu un rôle à jouer dans cet accident.

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«Dans mon esprit de juriste, le fait qu'un cycliste soit tombé dans une zone de construction laisse entendre que quelque chose s'est passé.»

Son hypothèse, c'est que Mathieu suivait ce camion et qu'il n'avait pas anticipé que celui-ci s'immobiliserait pour livrer des matériaux au chantier. En tentant d'éviter une collision, il se serait jeté sur le côté et aurait subi les importantes blessures qui l'ont plongé dans un coma.

Roger Trudel évalue aujourd'hui ses options pour arriver à savoir ce qui s'est vraiment passé. Il croit qu'une meilleure signalisation aurait peut-être pu sauver son fils.

M. Trudel compte demander des changements à la législation actuelle, afin d'améliorer la sécurité près des zones de travaux, un combat que mène déjà le groupe «Citizens for safe cycling» (CFSC).

«Les lignes directrices de la Ville d'Ottawa pour accommoder les cyclistes en zone de construction ont besoin d'une mise à jour», soutient Paul Clarke, de CFSC.

Ce que Roger Trudel a en tête, cependant, c'est plutôt d'inverser le fardeau de la preuve lorsqu'un accident impliquant un cycliste ou un piéton survient près d'une zone de travaux.

«Ça les obligerait à installer des caméras de surveillance pour montrer ce qui s'est réellement passé.»

Difficile de découvrir la vérité

Le matin du 30 octobre 2014, après des discussions avec des travailleurs sur le chantier, les policiers qui se sont rendus sur les lieux ont jugé que la chute de Mathieu Trudel était accidentelle. Ils n'ont pas donc pas rempli de rapport d'incident, même si ce dernier était dans le coma à l'hôpital. Son père, Roger Trudel, s'explique mal comment il se fait qu'aucune trace écrite de l'accident n'existe dans les archives du Service de police d'Ottawa. Depuis le décès de son fils, il a également tenté d'obtenir la tenue d'une enquête d'un coroner afin de savoir s'il y a responsabilité criminelle dans la mort de son fils. Or, cette requête a été rejetée. Le père estime qu'il s'agit d'une décision discriminatoire puisque le décès est lié à un trouble de santé mentale.

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