«On ne l'a jamais vu venir»

Mathieu Trudel a laissé derrière lui des proches... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Mathieu Trudel a laissé derrière lui des proches qui, six mois après sa mort, se posent encore mille et une questions pour comprendre  ce qui a bien pu le pousser à commettre l'irréparable.

Martin Roy, Archives LeDroit

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En mars dernier, l'Ottavien Mathieu Trudel s'enlevait la vie. Autour de lui, parents et proches tentent toujours de s'expliquer ce qui a poussé ce jeune homme encore dans la fleur de l'âge - il avait à peine 37 ans - à commettre l'irréparable. En cette 14e Journée mondiale de la prévention du suicide, LeDroit donne la parole à ses parents qui, encore aujourd'hui, cherchent des réponses.

La cicatrice est encore vive pour la famille Trudel après que leur fils, Mathieu, se soit enlevé la vie en mars dernier. Beaucoup de questions demeurent sans réponse, alors que son décès continue de hanter parents et amis de l'artiste visuel.

Certains se blâment de ne pas avoir vu sa souffrance. D'autres se demandent ce qui a bien pu chambouler son esprit pour l'amener à commettre l'irréparable.

«On ne l'a jamais vu venir, affirme sa mère Suzanne Trudel. En janvier, on était chez mon frère et il parlait à sa grand-mère. Il lui disait : 'Si seulement je peux avoir ton ADN pour vivre aussi longtemps'.»

Quelques mois après qu'on ait retrouvé le corps de son fils dans la rivière des Outaouais, Suzanne Trudel dit recevoir des appels à la maison pour lui. Que ce soit en raison d'un paiement en retard, ou autre. Alors qu'elle racontait cela au journaliste du Droit, le téléphone de la cuisine a sonné. C'était pour Mathieu.

Selon Mme Trudel, il était difficile d'apercevoir des changements dans le comportement de son fils, qui menait une vie rangée : la famille, les amis, les arts et le travail. Les différentes sphères de sa vie se rencontraient très rarement, dit-elle.

Ainsi, au vernissage posthume de l'oeuvre de «Mawt Trood», le pseudonyme avec lequel Mathieu Trudel signait ses illustrations, elle a pu en apprendre davantage sur l'alter ego artistique de son fils.

«J'ai passé la soirée à aborder des gens et à leur demander : 'Vous connaissiez Mathieu ? Comment vous vous êtes rencontrés ?' J'ai entendu tellement d'histoires. [...] À minuit et quart, on était encore là.»

Suzanne Trudel n'a pas vu les signes de la détresse de Mathieu. Avec le recul, certains épisodes lui viennent toutefois à l'esprit. Ses humeurs étaient un peu plus extrêmes. Parfois plus affectueux que jamais, parfois complètement détaché et distant.

Pour ses parents, une chose est claire : quelque chose a changé après son grave accident de vélo survenu le 30 octobre 2014. Si Mathieu Trudel a connu des épisodes dépressifs avant de partir, selon eux, c'est la conséquence d'une violente chute près du pont Cummings, à Ottawa.

Le cycliste d'expérience avait subi un sévère traumatisme crânien, des fractures aux os du visage, en plus d'avoir des saignements au cerveau.

Sans avoir étudié spécifiquement le cas de Mathieu Trudel, le président-directeur général de l'Institut de recherche en santé mentale de l'Université d'Ottawa, le Dr Zul Merali, estime qu'il est tout à fait probable que le traumatisme crânien soit directement à l'origine d'une dépression ou d'un autre problème de santé mentale.

«Tout ce qui vient perturber le fonctionnement du cerveau peut potentiellement changer la façon dont on perçoit notre réalité et la façon dont nos émotions fonctionnent. Si vous endommagez la partie du cerveau qui contrôle les émotions, vous vous exposez à des réponses altérées du cerveau.»

Le Dr Merali ajoute qu'il y a également un lien très fort entre la santé mentale et le suicide. «La majorité des gens qui mettent fin à leurs jours souffrent de dépression.»

Besoin d'aide?

Si vous avez des idées noires ou souffrez d'un sentiment de désespoir, parlez-en à quelqu'un et demandez l'aide de professionnels. Plusieurs services sont offerts dans la région pour vous aidez à retrouver le goût de vivre. Vous pouvez contacter les organismes suivants:

  • Ligne de crise en santé mentale, à Ottawa (613-722-6914)
  • Tel-Aide Outaouais, partout dans la région de la capitale nationale (613-741-6433)
  • Suicide Détour, à Maniwaki (1-866-APPELLE ou 1-866-277-3553)

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