Défibrillateurs dans les auto-patrouilles, le débat bientôt réactivé

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Pour une deuxième fois en dix ans, un coroner recommande que les autopatrouilles du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) soient dotées de défibrillateurs cardiaques. Un dossier qui pourrait rebondir au conseil municipal dès cet automne.

Dans un rapport déposé l'automne dernier dont LeDroit a obtenu copie, le coroner Pierre Bourassa s'est penché sur la mort d'un sexagénaire ayant succombé à un arrêt cardiaque, en mars 2015.

Environ trois minutes après l'appel logé au 9-1-1, les policiers ont été les premiers intervenants à se présenter à la résidence l'homme, retrouvé inconscient par sa conjointe. Les pompiers sont arrivés deux minutes après les policiers, et trois autres minutes plus tard, les paramédics se présentaient sur place. Dès leur arrivée, les pompiers gatinois ont utilisé un défibrillateur, équipement qu'ils ont dans leurs camions depuis 2009. Les paramédics ont poursuivi les manoeuvres de réanimation et ont transporté l'homme à l'Hôpital de Hull. Son décès a été constaté une vingtaine de minutes plus tard.

Chaque minute compte

Dans son rapport, le coroner Bourassa précise qu'après un arrêt cardiaque, chaque minute qui s'écoule avant une défibrillation diminue d'environ 10 % les chances de survie. Il rappelle qu'un rapport antérieur, déposé en 2006, recommandait à la Ville de Gatineau « la mise en place de défibrillateurs dans les véhicules policiers et la formation des patrouilleurs pour les utiliser ».

« Cependant la Ville opta en 2009 pour les placer dans les 40 véhicules de pompiers plutôt que dans les voitures des patrouilleurs policiers, beaucoup plus nombreuses et par le fait même, plus coûteux, écrit le Dr Bourassa. Beaucoup de villes du Québec ont choisi de placer ces appareils dans les véhicules policiers car les patrouilleurs, plus nombreux, habituellement sur la route, sont plus facilement mobilisables et arrivent ainsi plus rapidement sur les lieux d'un arrêt cardiaque. »

Les données fournies par le service des incendies et le SPVG ont aussi démontré que les policiers « arrivent, de façon générale avant les ambulanciers/paramédics dans le secteur urbain de la ville de Gatineau ». Selon le coroner, il est ainsi « plus que pertinent » de doter les autopatrouilles de défibrillateurs, d'où sa recommandation en ce sens.

La Ville a été informée du contenu du rapport, mais la conseillère Louise Boudrias, qui préside la commission Gatineau, Ville en santé, déplore ne pas en avoir eu vent avant que LeDroit aborde la question avec elle.

En 2008, l'ancien conseiller et ex-président de la commission Pierre Philion avait tenté, en vain, de convaincre ses collègues de procéder à l'achat de défibrillateurs pour les véhicules du SPVG. En 2012, l'urgentologue Josée Bussières, dont le conjoint est décédé d'un arrêt cardiaque dans un aréna, était revenue à la charge avec la même revendication. La commission Gatineau, Ville en santé s'était de nouveau penchée sur la question en 2013, et avait opté pour le statu quo.

Louise Boudrias souhaite maintenant ramener le sujet à l'ordre du jour, à la lumière du plus récent rapport du coroner. Elle saisira la commission de dossier au cours des prochaines semaines, dans l'objectif que le conseil municipal mandate l'administration pour la préparation d'une présentation sur les enjeux qui y sont inhérents. La présentation serait également faite devant la commission de la sécurité publique, a indiqué Mme Boudrias, et le tout pourrait se conclure parle dépôt d'une résolution au conseil municipal.

Mme Boudrias, qui juge qu'il faut prendre « avec beaucoup de sérieux » la recommandation du coroner, souhaite notamment savoir quels seraient les coûts associés à l'achat de défibrillateurs pour les véhicules du SPVG, et souhaite savoir si des subventions provinciales existent encore pour de tels investissements. « Mais pour moi, quand on parle d'une vie, il n'y a pas de montant d'argent que tu peux mettre pour dire si ça vaut la peine ou non », souligne-t-elle.

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