Calvaire mortel à l'hôpital: de premières réponses

À la suite de la mort de son... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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À la suite de la mort de son époux, Aline Breton Gauthier avait fait appel au commissaire aux plaintes du CISSSO.

Martin Roy, Archives LeDroit

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L'examen de la plainte logée à la suite du décès d'un patient l'an dernier à l'hôpital de Gatineau au terme de ce que son épouse a qualifié de «semaine de calvaire» a mené au dépôt d'une note au dossier de deux employés et à l'élaboration d'un plan d'action en 17 points pour améliorer les soins offerts.

Le 22 août 2015, une semaine après son hospitalisation à la suite d'une chute, le Gatinois De Sale Gauthier a rendu l'âme. Le septuagénaire avait reçu, deux ans et demi plus tôt, un diagnostic de sclérose latérale amyotrophique.

Son décès est survenu au terme d'une semaine parsemée d'embûches quant aux soins reçus, avait déploré sa veuve, Aline Breton Gauthier, dans un témoignage rapporté dans nos pages. Elle avait notamment raconté avoir éprouvé de la difficulté à le faire nourrir, l'avoir trouvé à plusieurs reprises souillé dans son lit, et avoir eu de la misère à faire respecter diverses consignes liées à sa condition de santé.

Alors que Mme Breton Gauthier attend toujours le rapport d'investigation du coroner, le rapport du commissaire aux plaintes du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a déjà permis d'identifier certaines lacunes.

«Il va de soi que les soins et services décrits dans votre plainte ne correspondent pas à la qualité des services attendus dans les centres hospitaliers du CISSSO, écrit le commissaire Louis-Philippe Mayrand dans son rapport, dont LeDroit a obtenu copie. Tous les membres de la direction consultés se sont dits désolés des situations que vous avez soulevées. Tous se sont mis en action rapidement pour corriger la situation avant même la conclusion de votre plainte.»

Invité à réagir à ce rapport, le CISSSO a tenu à préciser ne pas avoir «pris à la légère» le témoignage de Mme Breton Gauthier et les recommandations du commissaire. Des mesures administratives ont touché deux employés relevant de la direction des soins infirmiers, qui ont vu une note être déposée à leur dossier.

Formations à venir

Des audits ont déjà été réalisés afin d'observer le travail des infirmières, a fait savoir la porte-parole du CISSSO, Geneviève Côté.

Le plan d'action prévoit entre autres des formations «pour responsabiliser les infirmières face aux patients» et pour s'assurer que la prise de notes aux dossiers «soit plus complète». Une première vague de formations aura lieu dès l'automne pour le personnel infirmier des hôpitaux de Hull et de Gatineau. «Dans un deuxième temps, la formation sera étendue au reste du réseau», a indiqué Mme Côté.

Le plan d'action «a été soumis et cautionné par l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec», précise le CISSSO. Un suivi sera effectué sur la mise en oeuvre des mesures auprès de l'Ordre, mais aussi auprès du commissaire aux plaintes.

«Une fois la formation donnée, il y aura d'autres audits pour s'assurer que les connaissances transmises sont mises en application, souligne la porte-parole du CISSSO. Advenant le cas qu'il y ait encore des lacunes, il pourrait y avoir des mesures administratives allant jusqu'aux mesures disciplinaires.»

Tout en indiquant que «certains points d'interrogation» persistent, Aline Breton Gauthier s'est dite satisfaite de voir qu'un suivi sera fait par le commissaire afin de vérifier la mise en application des mesures du plan d'action.

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