Séjour «inhospitalier» en Outaouais

Luc St Denis est indigné par l'ensemble des... (Chris Young, PC)

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Luc St Denis est indigné par l'ensemble des incidents qu'il a vécu au sein du système de santé de la région il y a trois semaines.

Chris Young, PC

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Un petit fragment de métal s'étant logé dans un mollet est à l'origine d'un parcours qualifié d'«inhospitalier» dans le réseau de la santé de l'Outaouais par un patient montréalais. Après avoir passé une trentaine d'heures à jeun à attendre en vain l'appel devant confirmer l'heure d'une chirurgie qui fut finalement reportée, il lui a été impossible de recevoir des soins pour un problème postopératoire sans passer par l'urgence.

Le 26 juillet dernier, vers 17h, Luc St Denis a dû se rendre à l'hôpital de Buckingham après avoir reçu un fragment de métal dans le mollet droit. Il y a vu un médecin vers 3h la nuit suivante. Le matin du 27 juillet, on lui annonce qu'il subira une chirurgie à 17h30 le jour même. Il décide entretemps d'aller se reposer chez un ami - puisqu'il demeure à Montréal - et d'attendre l'appel de l'hôpital prévu deux heures avant l'intervention.

Une heure et demie après l'heure prévue de l'opération, «toujours pas de nouvelles», raconte-t-il. Un appel en chirurgie d'un jour ne mène à rien: la commis ne peut le transférer au bloc opératoire, là où on pourrait l'informer. À jeun depuis 30 heures, il finit par appendre, une demi-heure plus tard, que sa chirurgie est reportée au lendemain.

L'intervention finit par avoir lieu le 28 juillet en fin d'avant-midi. «Oublié» en salle de réveil, dit-il, il y restera jusqu'en soirée avant d'être transféré à une chambre. Le lendemain, vers 11h, Luc St Denis obtient son congé. Mais en fin d'après-midi, une complication se présente. «Mon pied se colore de façon curieuse tout en prenant des proportions encore plus inquiétantes, raconte-t-il. Et la douleur des belles heures pré-opération récidive.»

Il réussit à joindre du personnel en orthopédie. «On me reconnaît et, de façon attentionnée, on tente de me réconforter en me posant moult questions sur ma condition, dit-il. Résultat malheureux s'il en est un, la seule option possible se trouve dans un retour à l'urgence.»

À l'urgence, il passe le triage, où on lui confirme qu'il ne peut être envoyé directement en orthopédie - d'où il est sorti la matinée même. Un peu après 20h, les patients de la salle d'attente s'aperçoivent que le système d'appel est défectueux. M. St Denis avertit un infirmier. Malgré tout, lorsqu'il demande une réévaluation de son cas, il apprend que son nom a été appelé une heure plus tôt. «Ils n'ont pas tenu compte de mon avertissement au sujet de leur système de communication», déplore-t-il. Pourquoi personne n'a réagi? «Monsieur, ne mettez pas le feu aux poudres, ce n'est pas dans votre intérêt», lui aurait-on répondu.

La patience a des limites 

Devant un flot d'ambulances, Luc St Denis a choisi de quitter l'urgence, ne souhaitant pas passer la nuit dans la salle d'attente. Il prend la route vers Montréal le lendemain. «Les choses s'étant calmées un peu, j'ai pu patienter et organiser un rendez-vous afin de voir un médecin rapidement le lundi. Il m'a tout de suite fait rentrer à l'hôpital où l'on m'a diagnostiqué une hémorragie dans le mollet droit.»

En entrevue vendredi, M. St Denis venait d'apprendre qu'il souffre d'une thrombophlébite. Revenant sur son passage en Outaouais, il souligne qu'un seul événement déplorable dans son parcours aurait été, à la limite, compréhensible. C'est surtout «l'ensemble» des incidents qui soulève son indignation. «Il y a une chaîne de fonctionnement qui est croche du début jusqu'à la fin, lance-t-il. [...] Tout le monde est délesté de ce qu'il pourrait lui rester de responsabilité ou de petite fierté de rendre un service. Les employés sont désabusés. Tout est mis en place pour éteindre les gens qui travaillent dans les hôpitaux.»

Le CISSO ouvre une enquête interne

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) tentera de faire la lumière sur les mésaventures que dit avoir vécues un patient montréalais dans le réseau régional à la fin juillet.

Après avoir pris connaissance de témoignage de Luc St-Denis par le biais du Droit, le CISSSO a ouvert une enquête interne au sujet du récit «très préoccupant» que le patient a fait au sujet de son expérience, a fait savoir la porte-parole d'organisation, Geneviève Côté.

Cette dernière précise que l'enquête vise à «retracer le parcours de M. St Denis». «L'ensemble de ce qu'il dit avoir vécu, ce n'est définitivement pas le genre d'expérience que l'on veut que nos patients vivent, souligne Mme Côté. Aussitôt qu'on aura compris ce qui s'est passé, s'il y a des correctifs qui doivent être apportés, nous les mettrons en place le plus rapidement possible.».

Le grand patron du CISSSO, Jean Hébert, a également demandé au commissaire local aux plaintes, Louis-Philippe Mayrand, d'examiner le dossier. «Le commissaire a 45 jours pour faire son examen et déposer son rapport et ses recommandations, s'il y a lieu», a indiqué Geneviève Côté.

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