L'Outaouais n'atteindra pas sa cible

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En Outaouais, 67,5 % de la population était inscrite auprès d'un médecin de famille à la fin 2015.

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Le taux d'inscription auprès d'un médecin de famille est toujours plus faible en Outaouais qu'à l'échelle québécoise, une situation qui fait dire au représentant régional des omnipraticiens qu'« à moins d'un miracle », la cible de 85 % ne pourra être atteinte, localement, pour la fin 2017.

Les statistiques préliminaires par rapport aux cibles intermédiaires prévues dans l'entente conclue l'an dernier avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ont été dévoilées jeudi par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a « prescrit » aux omnipraticiens l'inscription d'un à deux patients par jour ouvrable d'ici la fin 2017.

En Outaouais, 67,5 % de la population était inscrite auprès d'un médecin de famille à la fin 2015. Pour l'ensemble du Québec, ce taux atteignait 70,6 %.

« C'est sûr qu'avec un déficit de médecins comme on a dans la région, on est bien conscient qu'on n'atteindra pas la cible provinciale de 85 % à moins d'un miracle », a réagi le Dr Marcel Guilbault, président de l'Association des médecins omnipraticiens de l'Ouest du Québec (AMOOQ).

À l'heure actuelle, seuls 15 des 32 postes d'omnipraticiens autorisés pour l'Outaouais en 2016 ont trouvé preneur. Quatre autres dossiers sont en attente d'autorisation à Québec, indique le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO).

« Bâtons dans les roues »

Le Dr Guilbault estime que le ministre Barrette met « des bâtons dans les roues » aux médecins en imposant des règles de prise en charge. Les exigences ministérielles ont même fait changer d'idée un médecin qui devait pratiquer dans une urgence de la région et qui s'est finalement tourné vers l'Ontario, affirme le Dr Guilbault.

La situation est notamment complexe pour les médecins résidents souhaitant pratiquer à l'urgence ou aux soins intensifs en raison des exigences de prise en charge, souligne le Dr Guilbault. « Il y a des jeunes médecins qui viennent de finir un cours de fou en médecine, qui ont un plan de carrière, et du jour au lendemain, [le ministre] leur dit : 'sacre ça aux poubelles, c'est moi qui décide ce que tu vas faire' », illustre le président de l'AMOOQ.

Les médecins déjà en pratique dans la région font des efforts pour accroître la quantité de patients pris en charge et permettre l'accès adapté offrant des rendez-vous plus rapidement, assure par ailleurs le DGuilbault.

Au CISSSO, la porte-parole Geneviève Côté affirme que l'organisme « travaille très, très fort pour que les médecins de famille prennent plus de patients afin de diminuer la liste de patients orphelins », qui compte un peu plus de 30 000 noms.

Le CISSSO, qui estime qu'il manque environ 80 omnipraticiens dans la région, mise sur des visites de médecins et des activités de recrutement prévues pendant l'été pour espérer attirer de nouveaux médecins de famille.

L'entente conclue entre le gouvernement et la FMOQ prévoit également que le taux d'assiduité des patients auprès de leur médecin de famille doit atteindre 80 % d'ici la fin 2017. À cet égard, l'Outaouais atteint déjà la cible, avec 84,3 % d'assiduité au 31 décembre dernier, alors que la moyenne provinciale était à 78,1 %. À l'échelle provinciale, la FMOQ estime que le progrès observé au cours de la dernière année pour la prise en charge est « considérable si l'ont tient compte de tous les obstacles mis en place par le ministre de la Santé et l'équipe gouvernementale ».

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