La violence psychologique, un «mal silencieux» chez les jeunes

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Dans la région, 185 signalements pour mauvais traitements psychologiques ont été retenus l'an dernier.

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Près d'un signalement sur dix ayant été retenu par les Centres jeunesse de l'Outaouais (CJO) l'an dernier concernait de mauvais traitements psychologiques, un « mal silencieux » auquel les autorités souhaitent sensibiliser la population.

Dans leur bilan 2015-2016, rendu public mardi, les directrices et directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) mettent l'accent sur cette problématique pour laquelle 5492 signalements ont été retenus aux quatre coins de la province, l'an dernier.

« Nous avons choisi cette année de parler de cette problématique pour conscientiser la population à cette réalité, la rendre tangible et la sortir de l'intimité des maisons, pour dénoncer le silence complice qui trop souvent l'accompagne », a fait valoir la DPJ de l'Outaouais et directrice provinciale, Michelyne Gagné.

Dans la région, 185 signalements pour mauvais traitements psychologiques ont été retenus l'an dernier, soit 8,5 % de l'ensemble des dossiers retenus. À l'échelle provinciale, cette proportion atteint 15,8 %.

Coincés entre les parents

Les mauvais traitements psychologiques subis par des enfants découlent fréquemment de conflits apparaissant lors de la séparation des parents, a souligné Mme Gagné en donnant l'exemple des litiges au sujet de la garde. Les enfants peuvent alors devenir des messagers entre les parents, ou encore devoir épier les comportements et les fréquentations d'un parent pour les rapporter à l'autre. Ils peuvent être exposés à des informations non appropriées pour leur âge, comme la situation financière d'un parent ou l'évolution du dossier de garde devant le tribunal.

« Les parents, dans ces situations-là, deviennent tellement envahis par leurs propres problèmes qu'ils deviennent indifférents aux besoins de leurs enfants », affirme Mme Gagné en précisant qu'un tel scénario peut survenir dans n'importe quelle famille et que des ressources dont disponibles pour atténuer les effets sur les jeunes.

Les conséquences sur les enfants peuvent être nombreuses, allant des troubles de comportement à l'anxiété, en passant par la difficulté de concentration, l'isolement ou les problèmes de santé physique.

Hausse générale des signalements

Le nombre de signalements reçus par les CJO en 2015-2016 s'est accru de 4,8 % en un an, pour atteindre 5680. Il s'agit cependant d'une hausse substantielle de 30 % en trois ans, a souligné Mme Gagné, en précisant qu'une quinzaine d'enfants font l'objet d'un signalement chaque jour en Outaouais.

La quantité de signalements retenus est toutefois demeurée stable, à 2195. Dans le lot, la négligence demeure le motif le plus fréquent et concerne 42 % des cas.

« Les gens sont beaucoup mieux informés et tolèrent beaucoup moins la violence envers les enfants », affirme Mme Gagné.

Les CJO devront éventuellement accroître la quantité d'employés pour répondre adéquatement à la quantité grandissante de dossiers soumis. « Il faut regarder à augmenter le nombre d'intervenants qui travaillent en protection de la jeunesse pour s'assurer que la protection des enfants ne repose pas uniquement sur leurs épaules quand il y a trop de demandes qui sont faites », a mentionné Michelyne Gagné.

Malgré le contexte de restriction budgétaire, la nouvelle gestion sous le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais devrait permettre, selon elle, de « dégager des marges de manoeuvre » afin d'ajouter des ressources là où les besoins se font sentir.

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