Des milliers de séjours de plus de 48 h en Outaouais

Plus de 3400 patients ont passé plus de deux journées complètes alités sur une... (François Roy, Archives La Presse)

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François Roy, Archives La Presse

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Plus de 3400 patients ont passé plus de deux journées complètes alités sur une civière dans une salle d'urgence de l'Outaouais l'an dernier. La palme de la plus grande proportion de séjours de plus de 48 heures revient à l'Hôpital de Hull, où un patient sur dix s'est retrouvé dans cette situation que Québec souhaite voir disparaître depuis longtemps.

La volonté de voir les séjours sur civière de plus de 48 heures être éradiqués des salles d'urgence de la province ne date pas d'hier. Les ministres de la Santé se succèdent, mais le message reste le même : la cible à atteindre est une durée moyenne de séjour sur civière ne dépassant pas 12 heures.

Selon des données obtenues par LeDroit, il y a eu 3425 séjours sur civière de plus de 48 heures dans les urgences de la région en 2015-2016, ce qui représente une baisse d'environ 1100 cas par rapport à l'année précédente. La statistique de l'année qui vient de se terminer est toutefois plus élevée que celle observée en 2013-2014, année où il y avait eu  2723 séjours sur civière s'étirant sur plus de deux jours dans les urgences de l'Outaouais.

En termes de proportions, 7% des séjours sur civière à l'urgence ont duré plus de 48 heures l'an dernier, une baisse marquée par rapport au taux de 12% observé l'année précédente.

Le directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), le Dr Guy Morissette, reconnaît qu'au cours des dernières années,  les établissements de la région n'ont «pas réussi à livrer la marchandise» à cet égard.

«Le bon patient à la bonne place»

La solution passe par une maxime bien connue dans le réseau, celle du «bon patient à la bonne place», affirme le DMorissette. Mais ce n'est pas si facile, souligne-t-il.

L'objectif ultime, c'est que les patients alités sur une civière à l'urgence obtiennent leur congé ou un lit sur une unité de soins dans les plus brefs délais, dès que la décision est prise par l'équipe de soins. Or, dans les hôpitaux de l'Outaouais, les lits aux étages sont presque toujours pleins. Dans le lot, il y a environ «une centaine» des personnes qui occupent quotidiennement ces lits alors qu'ils attendent une place ailleurs, comme dans un centre d'hébergement ou une ressource intermédiaire. «C'est clair que ces patients-là ne sont pas à une place qui correspond à leurs besoins», convient le DMorissette.

Différentes solutions sont sur la table. L'idée d'une «unité de convalescence» est évoquée par le Dr Morissette, qui ne peut toutefois pas encore s'avancer sur la forme que pourrait prendre une telle initiative si l'option est retenue. Une hausse de l'offre de services à domicile est aussi envisagée, une solution beaucoup moins coûteuse que de garder un patient à l'hôpital.

Des efforts doivent aussi être consacrés à la prise en charge des patients vulnérables pour agir avant que leur état ne se détériore et qu'une visite à l'urgence ne devienne nécessaire, estime le Dr Morissette.

Les solutions étant multiples et complexes, le Dr Morissette ne veut pas faire de « promesse vide » et s'engager à ce que les séjours sur civière de plus de 48 heures disparaissent des urgences de l'Outaouais d'ici telle ou telle date.

«On va réduire de façon significative le nombre de 48 heures, c'est notre objectif, et nous sommes beaucoup mieux équipés pour le faire en 2016 qu'on l'était il y a cinq ans», affirme-t-il en précisant que le nouveau CISSSO permet de faciliter la mise en application des décisions. 

«On veut des résultats, insiste le directeur des services professionnels. [...] Je suis convaincu que d'ici la prochaine année, il va y avoir des changements, et ça va paraître.»

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