Le dangereux silence de l'hépatite C

Elle est qualifiée d'infection «sournoise et silencieuse». Elle peut ne causer... (Archives La Presse)

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Elle est qualifiée d'infection «sournoise et silencieuse». Elle peut ne causer aucune douleur, aucun symptôme, pendant des années. Elle est 10 fois plus répandue que le VIH. Mais ses ravages au foie, lorsque connus, peuvent être dramatiques. D'où l'importance de sensibiliser la population à la prévention et au dépistage de l'hépatite C, insistent les intervenants en la matière.

Autorités publiques et organismes communautaires ont uni leurs voix, vendredi, dans le cadre de la Journée québécoise de sensibilisation à l'hépatite C. L'objectif: faire connaître les dangers qui guettent ceux qui en sont porteurs et les moyens de protection existant, tout en incitant les personnes à risque à se soumettre à un examen de dépistage.

Au Québec, de 50 000 à 70 000 personnes seraient infectées par l'hépatite C, maladie pour laquelle aucun vaccin n'existe. Mais plusieurs l'ignorent encore.

En Outaouais - la troisième région la plus touchée de la province -, on compte à l'heure actuelle 1700 cas déclarés, une statistique qui ne représente que «la pointe de l'iceberg», souligne Julie Lévesque, du service de maladies infectieuses de la Direction de santé publique de l'Outaouais. Chaque année, entre 50 et 95 nouveaux cas sont diagnostiqués dans la région.

En raison de la progression asymptomatique de cette maladie transmissible par contact sanguin, de nombreuses personnes peuvent se croire non atteintes, mais certains facteurs de risque doivent être considérés.

Les utilisateurs de drogues par injection ou par inhalation, les personnes ayant reçu des transfusions sanguines avant 1992, celles ayant eu un tatouage dans des conditions non optimales, les hommes ayant des relations homosexuelles lorsque l'un des partenaires est atteint du VIH et les personnes ayant été incarcérées sont notamment plus à risque.

Des symptômes très sournois 

Le gastro-entérologue Jean-Pierre Bernier a donné l'exemple d'un «patient typique» ayant essayé une drogue injectable dans les années 1960, en partageant une seringue avec des amis.

Une fois rendu dans la cinquantaine, ce patient consulte et apprend qu'il a développé une cirrhose du foie à cause de l'hépatite C. «C'est une maladie qui évolue complètement à l'insu du patient», insiste le Dr Bernier.

Le directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO), Yves Séguin, a pour sa part rappelé l'importance de «travailler avec les populations à risque, principalement les gens qui consomment des drogues, soit par injection ou par inhalation». Dans la région, l'an dernier, 58 000 seringues et 8000 pipes à crack ont été distribuées pour réduire les risques de contamination.

Bien que les gens peuvent s'en procurer à différents endroits, la meilleure façon de faire demeure d'aller directement vers les personnes vulnérables par le biais des travailleurs de rue, a souligné M. Séguin.

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