Le don d'organes, un geste qui change tout

Joel Jancovic, double greffé du rein et du... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Joel Jancovic, double greffé du rein et du foie, accompagné d'Éric Mougeot et Genevieve Maurice, qui ont respecté la volonté de leur mère décédée de faire le don de ses organes.

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les dons d'organes ont une valeur inestimable. Demandez à Joël Janovic, un double greffé du foie et du rein. Il doit sa vie à une personne inconnue qui lui a fait don de deux organes.

Présent à l'hôpital de Hull, qui soulignait vendredi le début de la Semaine nationale du don d'organes et de tissus, du 17 au 23 avril, il a raconté en détails les soubresauts de sa vie.

Ce fut l'horreur pendant 11 ans.

Il a d'abord eu une première greffe du foie en 2004 à l'âge de 41 ans à la suite des ravages de l'hépatite C. On lui donnait 18 mois à vivre. En 2011, son foie s'est détérioré. Il doit subir des traitements. Les choses s'améliorent avant de se détériorer une autre fois. Une greffe du foie lui est proposée à l'hôpital St-Luc à Montréal, mais l'organe n'est pas en bon état. Il apprend par la suite que l'un de ses reins est gravement atteint. Il aura donc besoin de deux dons d'organe du même donneur.

Après une opération qui dure 14 heures, il reçoit son nouveau foie et son nouveau rein au début de l'année 2015. À 52 ans, il se porte bien depuis. À la suite de nouveaux traitements, son hépatite C a été éliminée. M. Janovic s'adonne même à des courses de jogging dans les rues d'Ottawa.

Plus de 600 personnes ont été transplantées au Québec l'an dernier, ce qui a fait descendre la liste d'attente à 856 personnes. Tout de même, il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire sur cette question.

Et même lorsqu'une personne s'enregistre pour faire don de ses organes, cela ne se concrétise pas toujours. «Quelque 40% des dons potentiels n'ont pas lieu, car il y a un refus de la famille, ce qui est entièrement leur choix», fait savoir Annie Leduc, infirmière-conseillère du programme en don d'organes et de tissus.

Les dons d'organes se font à Montréal, à McGill.

«On ne prélève pas ici, la famille ne suit pas le donneur à Montréal, tient à préciser Mme Leduc. Donc, leurs adieux sont faits ici, on fait des mèches de cheveux pour ceux qui en veulent, on fait des empreintes de main, ils partent avec des souvenirs.»

Et alors que c'est très difficile de voir un être cher en train de mourir et puis de le voir passer sur la table d'opération pour un prélèvement d'organe, cela se vit comme un grand soulagement, selon Geneviève Maurice et son frère Éric Mougeot.

Pour Mme Maurice, la décision de donner suite aux volontés de sa mère, qui avait donné son consentement par écrit au don d'organes, a été automatique.

«Je n'ai pas vu ça du tout comme un deuil, nous quand on a pris la décision je ne peux pas vous dire le poids qu'on nous a enlevé sur les épaules, le soulagement qu'on a ressenti là-dedans...» a expliqué Mme Maurice. «En faisant ça, elle va changer la vie de quelqu'un, c'est officiel, c'est ça qui nous a motivés.»

En fait, selon son frère, cette décision de procéder au prélèvement d'organes s'est bien très bien déroulée.

«C'était le contraire d'un deuil. Ça beaucoup aidé à passer par-dessus le deuil, le fait de savoir qu'on pouvait sauver une vie, à accepter, à mettre un baume sur la plaie. Ça a aidé grandement à passer à travers l'épreuve.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer