Pas de record de «déPIPIstage», mais l'objectif est atteint

Sur le campus de l'Université d'Ottawa, l'infirmière Suzanne... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Sur le campus de l'Université d'Ottawa, l'infirmière Suzanne Rowland a convaincu le Dr Isra Levy, le médecin en chef de Santé publique Ottawa, de se prêter à l'exercice.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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L'objectif annoncé était de battre le record mondial du nombre d'analyses d'urine réalisées à un seul endroit en 24 heures. L'objectif ultime, lui, était de sensibiliser les jeunes à l'importance de subir des tests de dépistage de la chlamydia et de la gonorrhée, deux maladies qui gagnent du terrain depuis quelques années dans la capitale.

Quatre campus de la capitale participaient mardi au Défi mondial du déPIPIstage, qui visait à battre le record détenu par l'Université de Calgary de 502 tests d'urine réalisés en une seule journée. Sans battre le record, au total 915 tests ont été effectués dans les campus d'Ottawa. La Cité a enregistré 317 tests de dépistage, l'Université d'Ottawa 316, l'Université Carleton en a effectué 167 et le Collège Algonquin ferme le bal avec 115 tests. 

À La Cité, Talia et Amélie ont confié que leur participation se faisait avant tout dans le cadre du défi, puisque les deux jeunes femmes avaient déjà subi récemment des tests de dépistage auprès d'un médecin de famille.

Un autre étudiant, Marc-Antoine, a lui aussi déjà passé un test de dépistage, et tenait tout simplement à participer au défi. Le jeune homme affirme tout de même qu'il y a une certaine «insouciance» qui touche sa génération lorsque vient le temps d'aborder les risques des infections transmissibles sexuellement (ITS). «On ne fait pas tout le temps attention», avoue-t-il.

Un constat que confirme Roxanne Labonté, infirmière à la clinique CSanté de La Cité. «Il y a encore beaucoup de jeunes qui ne se protègent pas, affirme-t-elle. Souvent, ils n'aiment pas la sorte de condoms, ou d'autres sont allergiques au latex et ne savent pas qu'il y en a sans latex. D'autres n'y pensent pas lorsqu'ils sont dans le moment et font confiance à l'autre.»

Les 15 à 29 ans ans ciblés

Christiane Bouchard, agente de projet à Santé publique Ottawa, a souligné que 70% des diagnostics de chlamydia et de gonorrhée surviennent chez les 15 à 29 ans. «Depuis sept ou huit ans, ça fait juste monter, indique-t-elle. [...] C'est un peu inquiétant.»

Mme Bouchard souligne que dans la majorité des cas, ces deux maladies ne causent pas de symptômes. Bien qu'elles se traitent rapidement grâce à des antibiotiques, le fait d'en être porteur pendant une longue période ou à répétition peut avoir des conséquences à long terme, notamment au niveau de la fertilité, a-t-elle mentionné.

Sur le campus de l'Université d'Ottawa, une infirmière a convaincu le Dr Isra Levy, médecin-chef en santé publique, de passer lui aussi un test de dépistage, afin de montrer l'exemple pour les étudiants.

Le conseiller municipal Mathieu Fleury a pour sa part souligné l'importance de sensibiliser davantage les jeunes aux risques des ITS, tout en insistant sur le besoin d'avoir des cours d'éducation sexuelle au secondaire.

«Pour moi, c'est comme bien se brosser les dents, bien manger ou apprendre à gérer ses finances, dit-il. Il doit y avoir un cours pour que les jeunes aient une compréhension des services disponibles et des risques, et que cela se fasse sans préjugés.»

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