Buanderies d'hôpitaux: Québec choisit le secteur public

Québec a finalement décidé d'aller de l'avant avec... (Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil)

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Québec a finalement décidé d'aller de l'avant avec les projets de construction de deux buanderies publiques.

Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Le secteur public vient de faire une démonstration assez étonnante en remportant un appel d'offres au détriment du secteur privé dans le secteur des buanderies d'hôpitaux.

Québec a en effet annoncé jeudi que ce sont les buanderies publiques Partagec, dans la région de Québec, et Lavérendière dans Lanaudière qui ont remporté leurs appels d'offres respectifs, ce qui leur permettra d'aller de l'avant avec leurs projets de construction de nouvelles installations.

«Après avoir confié une étude à des experts afin de faire la comparaison entre les projets du secteur public et du secteur privé, les résultats présentés confirment que les projets du secteur public sont plus rentables», a affirmé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, par voie de communiqué.

Colère dans le secteur privé

La décision est cependant contestée par Buanderie Blanchette, une entreprise privée qui avait soumissionné en vue d'obtenir les contrats de buanderie des établissements des deux régions.

«Buanderie Blanchelle questionne sérieusement la validité du processus qui a mené à l'annonce de l'intention du gouvernement de construire deux mégabuanderies à même les fonds publics alors que de meilleurs services sont disponibles à de meilleurs prix dans le secteur privé», écrit l'entreprise dans un communiqué.

«Buanderie Blanchelle questionne en particulier l'ajout de coûts fictifs à la soumission proposée au gouvernement du Québec», indique-t-elle, tout en promettant de «présenter les véritables données à la population du Québec» la semaine prochaine.

Blanchelle, qui soutient toujours que le service peut être offert par le privé à meilleur coût, était le seul soumissionnaire privé québécois, mais une firme albertaine, K-BRO, avait également tenté sa chance.

Les coûts de la privatisation

La CSN reconnaît elle-même avoir bénéficié d'un avantage en obtenant que le calcul de la facture totale inclue les dépenses qu'auraient obligé une privatisation.

«Nous avions insisté pour que l'on tienne compte des coûts d'impact de la privatisation», a expliqué le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, en entrevue avec La Presse Canadienne.

«Par exemple, dans Lanaudière, les gens dans la buanderie avaient la sécurité d'emploi, donc il y aurait eu un coût pour replacer ces gens-là. Ils en ont tenu compte dans le processus, ce qui fait qu'on partait avec un certain avantage par rapport au secteur privé en tenant compte de ce facteur», a précisé le syndicaliste.

M. Lacharité estime que la décision démontre on ne peut plus clairement que le discours en faveur de la privatisation peut être contré avec «un processus très rigoureux», surtout dans un contexte où le gouvernement en place semble avoir un préjugé favorable pour le secteur privé.

«Si on se base sur les orientations plus idéologiques du gouvernement qu'on a connues dans les dernières années, oui ça peut apparaître surprenant, mais en même temps, la réalité des chiffres, la réalité de l'expertise font en sorte que le côté rationnel doit prendre le dessus», a-t-il fait valoir.

L'analyse des modèles d'affaires de Partagec et de Lavérendière, a été réalisée de manière indépendante par la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) et l'appel d'offres auprès des entreprises privées a été réalisé par le Groupe d'approvisionnement en commun de l'Ouest du Québec.

Le ministre Barrette se félicite au passage du fait que le processus a permis de mettre en concurrence les secteurs public et privé et qu'en bout de ligne, «les buanderies publiques ont dû optimiser leur projet afin de proposer une solution moins dispendieuse que le projet initial.»

La buanderie Lavérendière est une composante du CSSS de Lanaudière et ses quelque 50 employés sont rémunérés par le Centre de santé, mais ils s'occupent également en sous-traitance de la buanderie de plusieurs autres établissements de Lanaudière et des Laurentides.

Partagec, qui compte environ 150 employés, est un organisme à but non lucratif dont le conseil d'administration est formé très majoritairement de gestionnaires d'établissements de santé de la région de Québec.

Dans les deux cas, les employés sont assujettis à des conventions collectives du secteur public et leur salaire moyen tourne autour de 18$ de l'heure.

Les deux buanderies devront maintenant élaborer les plans et devis définitifs avant d'entreprendre la construction de leurs nouvelles installations.

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