L'Outaouais manque toujours de pharmaciens

La pénurie de pharmaciens en établissement, à laquelle n'échappe pas... (Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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Ivanoh Demers, Archives La Presse

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La pénurie de pharmaciens en établissement, à laquelle n'échappe pas l'Outaouais, n'est pas sur le point de se résorber.

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La directrice générale de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES), Linda Vaillant, et le président, François Paradis

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Le président de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES), François Paradis, et la directrice générale, Linda Vaillant, étaient de passage en Outaouais cette semaine pour faire le point avec leurs membres sur les préoccupations régionales.

Alors que 19% des postes de pharmaciens en établissement sont vacants à l'échelle provinciale, l'Outaouais ne fait pas exception. Dans la région, sept des 40 postes sont vacants, ce qui représente une pénurie de 18%.

La solution passe notamment par un rehaussement du nombre d'admissions à la maîtrise en pharmacothérapie avancée, estiment les représentants de l'APES. À l'heure actuelle, 35 étudiants font leur entrée chaque année dans chacune des deux universités offrant le programme.

Comme plus de 250 postes sont inoccupés dans la province, l'APES réclame de plus grandes cohortes afin d'avoir davantage de finissants et ainsi pourvoir non seulement les postes actuellement vacants, mais aussi ceux qui le deviendront en raison de départs à la retraite ou de congés prolongés. En Outaouais, cinq retraites sont déjà prévues au cours des cinq prochaines années.

«À moins que le ministère de la Santé ne donne un sérieux coup de barre» pour accroître la quantité d'étudiants, Linda Vaillant ne voit donc pas de résorption possible avant «plusieurs années».

Dans la région, des «inquiétudes» sont aussi liées à l'étendue du territoire couvert depuis la création du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO).

«C'est sûr que c'est un défi incroyable, et ce n'est pas juste en pharmacie, c'est pour tout le monde dans le réseau», affirme M. Paradis, en soulignant que les CISSS offrent aussi des avantages, comme pour le partage des expertises.

Plusieurs craintes

La création d'un seul département de pharmacie par CISSS fait aussi craindre à certains membres d'être «mutés ailleurs» à l'intérieur d'un vaste territoire en raison de la pénurie. Des discussions sont d'ailleurs en cours entre l'APES et le ministère de la Santé à ce sujet.

À cela s'ajoute la «pression énorme» que disent subir les membres de l'APES pour diminuer les coûts des médicaments. Une optimisation qui est réalisable, «mais ça prend des pharmaciens pour le faire», affirme Linda Vaillant.

La pénurie de pharmaciens en établissement coûte cher au réseau lorsque des dépanneurs doivent être appelés en renfort. LeDroit révélait notamment l'été dernier qu'à l'Hôpital de Maniwaki, près de 250 000$ ont été dépensés en dix mois, en 2014 et 2015, pour obtenir les services d'un pharmacien dépanneur.

Selon M. Paradis, le recours aux pharmaciens dépanneurs coûte «autour de 15 millions $» par année au réseau public. «Un dépanneur permet de payer trois postes de pharmaciens, donc ce n'est vraiment pas une main d'oeuvre qui est optimale», dit-il.

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