Des employés du CISSSO payés pour être à la maison

Nabila Mrini, qui a été congédiée de son...

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Nabila Mrini, qui a été congédiée de son poste d'infirmière auxiliaire au CISSSO à la fin 2015, et Lyne Plante, représentante syndicale de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec à Gatineau.

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Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) verserait des centaines de milliers de dollars en assurance salaire à des employés ayant été jugés aptes à revenir au travail, affirme le syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes du territoire de Gatineau.

Des membres du syndicat, dont la présidente, Lyne Plante, ont fait une intervention lors de la réunion du conseil d'administration du CISSSO, jeudi soir, afin de dénoncer la gestion des dossiers d'employés devant s'absenter du travail pour des raisons de santé.

Selon le syndicat, le CISSSO aurait notamment versé, depuis le mois d'août dernier, plus de 250 000 $ en assurance salaire à des personnes ayant pourtant été jugées aptes à revenir au travail par le médecin-expert de l'employeur. «Le CISSSO, pour son budget, cherche à couper dans les assurances, mais il laisse des employés aptes au retour au travail chez eux», affirme Mme Plante.

Quant aux raisons qui expliqueraient le refus et le délai pour la réintégration au travail, le syndicat affirme qu'elles sont soit inexistantes, soit illogiques.

Questionné à savoir si d'importants montants d'assurance salaire avaient véritablement été versés à des employés aptes à travailler, le président-directeur général du CISSSO Jean Hébert a répondu que cette situation irait «à l'encontre de nos valeurs et de ce qu'on met en place pour bien gérer l'assurance salaire depuis des années».

«On prend ça au sérieux, affirme-t-il. Nous allons faire toutes les vérifications qu'il faut faire à ce niveau-là.»

Une infirmière auxiliaire ayant été congédiée par le CISSSO à la fin 2015 a pour sa part témoigné de sa situation devant les membres du conseil d'administration. Nabila Mrini, qui oeuvrait au sein de l'organisation depuis 2005, a expliqué lors d'une entrevue entrecoupée de sanglots avoir vécu diverses épreuves l'ayant empêché de travailler au cours des cinq dernières années. Elle souligne qu'un congé sans solde en raison de responsabilités familiales, une chirurgie au poignet, un accident de voiture, un diagnostic d'arthrite rhumatoïde puis un accident de voiture ayant sévèrement blessé sa fille et mené à un épuisement l'ont notamment tenue à l'écart du travail pendant de longues périodes.

«J'avais espoir de retourner travailler, mais j'ai été congédiée le 15 décembre, raconte-t-elle. On m'a reproché d'avoir été absente plus de 50% du temps ces cinq dernières années. [...] Mais mon accident et celui de ma fille, ce n'est pas de ma faute. C'est quelque chose qui est hors de mon contrôle. [...] Jamais l'employeur ne m'a donné d'avertissement comme quoi je m'absentais beaucoup. Mais pourquoi ils autorisent des congés sans solde sans avertir qu'il pourrait y avoir des conséquences?»

Le CISSSO a refusé d'émettre des commentaires au sujet du congédiement de Nabila Mrini.

Communication déficiente

Lyne Plante déplore aussi les difficultés rencontrées par les membres du syndicat pour entrer en communication avec des représentants du «bureau de santé» devant gérer les cas d'assurance salaire au sein du CISSSO. «On a une salariée qui a envoyé deux courriels et laissé 11 messages en trois semaines et qui n'a eu aucune nouvelle de l'employeur», affirme la présidente du syndicat.

Le syndicat estime aussi que l'organisation ne respecte pas la vie privée de ses employés, puisque les médecins-experts de l'employeur fourniraient «un historique des informations familiales et médicales personnelles des salariées non-pertinentes au dossier d'invalidité».

Avec Catherine Morasse

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