Nouvelle maison de naissance: un début de rapatriement

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De la grande visite, lundi, pour l'inauguration de la Maison de naissance de l'Outaouais alors que le ministre Gaétan Barrette a coupé le traditionnel ruban. Il était entouré de la députée Maryse Gaudreault, du PDG du CISSSO, Jean Hébert, du député Marc Carrière, de la responsable de l'établissement, Parvin Makhzani, et de la ministre Stéphanie Vallée.

Etienne Ranger, LeDroit

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L'époque où les femmes de l'Outaouais suivies par une sage-femme devaient accoucher dans un ancien presbytère est révolue.

La nouvelle Maison de naissance (MDN) de l'Outaouais, qui permettra de rapatrier une petite partie des accouchements se déroulant sur la rive ontarienne, a été officiellement inaugurée, lundi, par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

L'infrastructure flambant neuve, sise sur l'avenue Gatineau, s'étend sur 1000 mètres carrés. Alors que l'ancienne MDN de la rue Jean-René-Monette comptait trois chambres de naissance et cinq salles de consultation, la nouvelle propose cinq chambres et huit bureaux de consultation. Jusqu'à 15 sages-femmes pourront y oeuvrer, cinq de plus qu'avant.

«C'est une mise à niveau qui nous permet de passer d'un équipement qui est un ancien presbytère, qui n'était pas exactement la grande modernité, à un environnement qui est aujourd'hui beaucoup plus approprié», a souligné le ministre.

Ce dernier a tenu à souligner l'apport de la Fondation Santé Gatineau dans ce projet de 3,4 millions $. La Fondation a contribué à hauteur de 800 000 $, dont une portion de 250 000$ provient d'un don de l'homme d'affaires Eugène Tassé. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a fourni 1,1 million$, tandis que Québec a déboursé 1,5 million$.

«On ne soulignera jamais suffisamment l'implication des fondations. [...] C'est quelque chose d'essentiel, et qui le sera de plus en plus», a mentionné le ministre en expliquant que leur contribution sera appelée à croître en raison du vieillissement des infrastructures un peu partout au Québec.

Une centaine de femmes de plus par année pourront obtenir un suivi de grossesse et accoucher auprès d'une sage-femme de la MDN de l'Outaouais. La responsable de la MDN, Parvin Makhzani, a fait savoir que bon an, mal an, environ 70 femmes se voyaient refuser un suivi en raison d'un manque d'espace et de personnel.

Lorsque de nouvelles sages-femmes se grefferont à l'équipe, le CISSSO vise que jusqu'à 350 accouchements par année pourront y être réalisés. Déjà, trois finissantes ont fait parvenir leur candidature et pourraient venir pratiquer à la MDN de l'Outaouais dans les prochains mois.

«Ça s'inscrit dans notre politique qui vise à faire en sorte que nous puissions rapatrier au Québec tout ce qui est rapatriable en termes de services à la population», a précisé le ministre de la Santé.

La majeure partie du rapatriement des soins obstétriques consommés en Ontario ne pourra toutefois pas se faire avant l'aménagement de 32 chambres TARP (travail, accouchement, récupération, post-partum) à l'Hôpital de Gatineau. Le projet d'investissement de 14,4 millions $, annoncé à l'hiver 2014 par l'ancienne première ministre Pauline Marois, évoquait un échéancier pour 2018.

Alors que plus d'un millier de résidentes de l'Outaouais accouchent chaque année en sol ontarien, Gaétan Barrette n'a pas voulu s'avancer sur une date finale pour la réalisation des chambres TARP, mais soutient que tout se déroule «normalement» et que le financement est assuré.

«La construction devrait être en cours d'ici la fin du mandat, mais me demander une date précise, c'est impossible sachant qu'à partir du moment ou il y a de la construction dans des locaux existants, il y a parfois des surprises qui entraînent des délais», a indiqué M. Barrette.

Lorsque les chambres TARP seront prêtes, «on va être très très compétitifs avec ce qui se fait de l'autre côté de la rivière», affirme pour sa part le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert.

Gaétan Barrette en rafale sur...

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Gaétan Barrette

Etienne Ranger, LeDroit

L'accès aux services

L'urgence pédiatrique de Gatineau doit servir d'exemple pour la mise en place de «l'accès adapté» offrant des rendez-vous rapidement en première ligne, estime Gaétan Barrette.

Ouverte depuis le mois de mai dernier, la mini-urgence du boulevard de l'Hôpital a permis de réduire de 17% le nombre d'enfants de l'Outaouais se rendant en Ontario pour obtenir une consultation médicale.

«C'est un modèle, je m'en sers partout [comme exemple], a lancé le ministre Barrette, lundi, à Gatineau. [...] Imaginez si ce qu'on a réussi en pédiatrie ici était déployé, transposé à tout le reste de la première ligne. C'est ça qu'on fait avec la loi 20.»

Bien que l'Outaouais ait obtenu l'autorisation de recruter 32 médecins de famille en 2016, Gaétan Barrette estime que si un nombre suffisant d'omnipraticiens délaissaient la pratique hospitalière au profit de la prise en charge de patients, les citoyens auraient un meilleur accès. «Il faut arrêter de pelleter dans la cour du nombre la problématique du profil de pratique, affirme le ministre de la Santé. Vous avez une région de 385 000 habitants et vous avez 320 médecins. Si les 320 médecins ne faisaient pas d'hôpital, les médecins devraient prendre en charge 1500 personnes, donc à 320, il y en a assez.»

Le statut particulier

Gaétan Barrette se dit «étonné» à l'idée que le réseau de la santé de l'Outaouais puise de l'argent pour couvrir des dépenses courantes de fonctionnement dans l'enveloppe annuelle de 20 millions $ issue de statut particulier consenti à la région. Alors que LeDroit révélait avant les Fêtes que d'importants montants sont pris à même le budget du statut particulier pour assurer de manière récurrente le fonctionnement du centre de cancérologie ou de salles d'urgence rénovées, M. Barrette a indiqué vouloir obtenir davantage de précisions de la part du patron du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais, Jean Hébert.

Dans le cas du centre de cancérologie, ce sont plus de 3 millions $ qui proviennent chaque année de l'enveloppe du statut particulier. «Pour un centre de cancérologie, on envoie l'argent pour un centre de cancérologie, point. Il n'y a pas de budget qu'on envoie [qui soit] inférieur à la norme québécoise parce que c'est dans l'Outaouais», a assuré le ministre, en entrevue. La raison d'être du statut particulier, aux yeux de M. Barrette, c'est «le maintien des activités dans la région».

«C'est une question de concurrence avec l'Ontario au niveau de l'attraction et de la rétention du personnel», dit-il.

La faculté de médecine

La raison pour laquelle peu de futurs médecins de famille démontrent de l'intérêt pour décrocher les postes disponibles en Outaouais est «un grand mystère» pour le ministre de la Santé. En entrevue avec LeDroit, Gaétan Barrette a indiqué que les finissants en médecine «considèrent Gatineau comme étant une région encore plus éloignée qu'elle ne l'est en réalité», et qu'«il y a une perception, dans le milieu étudiant, qui n'est pas suffisamment positive» de la région.

Selon les plus récentes données, l'Outaouais n'avait pas reçu suffisamment de candidatures pour tous les postes d'omnipraticiens disponibles dans la région en 2016, alors que plusieurs autres régions ont reçu davantage de demandes que de postes autorisés.

«Ça devient une question de perception des étudiants, [...] d'où l'intérêt d'avoir la faculté» satellite de médecine en Outaouais», estime M. Barrette. Le ministre n'avait toutefois aucun échéancier à annoncer pour l'ouverture de cette faculté satellite de l'Université McGill, qui devrait s'installer au-dessus de l'Hôpital de Gatineau. Il a précisé que le dossier relevait d'abord de sa collègue Hélène David, ministre de l'Enseignement supérieur. «Nous avons tous les deux la ferme intention d'amener ce dossier-là à destination», a assuré M. Barrette.

Le délai pour les résultats des tests Pap

Le délai de près de six mois pour obtenir les résultats d'un test de dépistage du cancer du col de l'utérus est loin d'être unique à l'Outaouais, affirme le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui prévoit une résorption de la situation grâce à la robotisation des analyses.

Interrogé sur l'attente observée dans la région pour l'obtention des résultats de tests Pap lorsqu'aucune information clinique ne requiert une analyse urgente, M. Barrette souligne que «c'est une problématique qui n'est pas propre à l'Outaouais», mais bien «une situation qui est panquébécoise».

«Oui, c'est long, mais c'est un test de dépistage, précise-t-il. Les impacts de ce délai-là, c'est désagréable, mais je ne pense pas que la vie des gens ou la santé des gens soit en danger à cause de ça. [...] C'est un test de dépistage de cancer précoce, ce n'est pas un cancer qui est agressif, qui flambe comme d'autres cancers.»

La pénurie de technologues spécialisés dans ce domaine est l'un des facteurs pouvant expliquer le délai, a indiqué le ministre. «Le problème va se résoudre d'une autre façon, parce qu'on se dirige vers une robotisation du dépistage du cancer du col de l'utérus, et on est dans une période intermédiaire», affirme M. Barrette. Le président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais, Jean Hébert, note de son côté que différentes avenues sont étudiées «pour pouvoir rattraper le retard qu'on a».

«On va voir si on est capable de faire du recrutement ou si on doit finalement aller à l'extérieur [vers le privé]», a-t-il mentionné.

Quant aux délais observés pour les mammographies, M. Hébert a fait savoir qu'un projet est en branle avec la Fondation Santé Gatineau pour acheter de nouveaux équipements pour accroître la capacité «avec le même personnel».

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