Test Pap: six mois pour obtenir des résultats

Les pathologistes doivent aussi réviser les lames des... (Archives, La Presse)

Agrandir

Les pathologistes doivent aussi réviser les lames des tests Pap identifiées comme étant atypiques. À l'heure actuelle, cinq des six postes de pathologistes autorisés pour la région sont pourvus.

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le réseau de la santé de l'Outaouais peine à répondre rapidement à la demande d'analyses de laboratoire, au point où un délai de près de six mois est observé pour obtenir les résultats d'un examen de dépistage du cancer du col de l'utérus, communément appelé test Pap.

Stéphanie (nom fictif) est «tombée en bas de sa chaise» en appelant à sa clinique de Gatineau pour vérifier si les résultats de son test Pap, passé en novembre dernier, étaient arrivés.

Ayant déjà dû passer à travers des traitements contre un cancer du sein il y a quelques années, Stéphanie affirme que certains médicaments pris à l'époque peuvent accroître ses chances de développer un cancer du col de l'utérus, d'où son intérêt à obtenir rapidement les résultats de son test de dépistage.

«Quand j'ai appelé à la clinique, on m'a répondu qu'ils étaient en train de recevoir les résultats des examens passés au mois d'août 2015, raconte la patiente. [...] Il y a plein de femmes qui ne le savent pas, qui ont passé le test et qui pensent qu'elles sont correctes parce qu'elles n'ont pas été rappelées. J'ai des amies en Ontario qui ont leurs résultats en deux jours.»

Stéphanie a contacté une clinique privée de Gatineau proposant un test Pap à 60 $, mais dont l'analyse est faite par le réseau public, donc avec les mêmes délais. Pour une analyse avec un laboratoire privé, la facture grimpe à 140 $.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais confirme que partout dans la région, un délai «d'environ cinq mois et demi» est observé pour obtenir les résultats des «prélèvements gynécologiques de routine n'ayant aucune considération clinique».

La porte-parole du CISSSO, Geneviève Côté, reconnaît qu'il «serait souhaitable» que le délai soit plus court, mais souligne que dès qu'une information clinique est fournie par le médecin pour justifier une analyse plus rapide, le tout est fait «rapidement».

À l'heure actuelle, «les cytologistes sont à faire les cas du mois de septembre 2015», a indiqué l'organisation. L'analyse des cellules prélevées se fait à l'Hôpital de Gatineau, où le service a été regroupé à la suite de la fusion des établissements, ce qui a aussi «causé un peu de délai». 

Pénurie de spécialistes

Une pénurie de spécialistes en la matière empêche aussi de remplacer certains employés en congé prolongé, a fait savoir le CISSSO, mais des affichages sont en cours.

Les pathologistes doivent aussi réviser les lames des tests Pap préalablement identifiées comme étant atypiques. À l'heure actuelle, cinq des six postes de pathologistes autorisés pour la région sont pourvus. Le poste vacant est réservé pour un médecin qui commencera sa pratique en 2017.

Stéphanie s'inquiète malgré tout des conséquences que peuvent avoir de tels délais pour les femmes dont le test Pap démontre la présence d'un cancer du col de l'utérus. «C'est un test de dépistage, souligne-t-elle. Je ne suis pas médecin, mais si la personne a un cancer qui en est au début et que c'est agressif, un délai de six mois pour les résultats, ça peut avoir une incidence.»

Le CISSSO a recours à un laboratoire privé ontarien

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) dépense un demi-million de dollars par an pour les services d'un laboratoire privé ontarien.

Le réseau de la santé de l'Outaouais envoie au laboratoire Gamma Dynacare d'Ottawa divers échantillons de petites chirurgies provenant des hôpitaux de Papineau, de Maniwaki et du Pontiac, afin de les faire analyser. La facture s'élève à environ 500 000 $ par année pour le CISSSO, qui souligne que ce laboratoire privé fournit un «excellent service». 

 Un projet est présentement à l'étude pour mettre sur pied un quart de travail le soir afin de rapatrier toutes les analyses chez nous», a souligné la porte-parole de l'organisation, Geneviève Côté.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer