Deux «tapes» à une patiente pour éviter qu'elle ne se suicide

Le Dr Luc-Philippe Lacroix a témoigné devant le... (Archives La Presse)

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Le Dr Luc-Philippe Lacroix a témoigné devant le conseil de discipline du Collège des médecins du Québec jeudi.

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L'urgentologue gatinois qui se défend d'avoir eu une «conduite répréhensible envers une patiente» reconnaît lui avoir donné deux «tapes» pour éviter qu'elle se suicide, mais nie toute menace à l'intégrité de la femme, porteuse du VIH et de l'hépatite C, qui venait de lui cracher au visage.

Le Dr Luc-Philippe Lacroix, qui oeuvre à l'urgence de l'hôpital de Gatineau depuis 25 ans, a témoigné devant le conseil de discipline du Collège des médecins du Québec, jeudi, pour relater sa version des événements survenus en janvier 2015, lorsqu'une patiente intoxiquée et agitée lui a craché au visage.

Alors que des agents de sécurité soutiennent avoir entendu le crachat et un ou des bruits de gifle, le Dr Lacroix affirme qu'il était seul avec un infirmier et la patiente à ce moment, mais qu'un agent se trouvait peut-être plus loin dans la salle.

Le Dr Lacroix soutient que le but de l'intervention était d'empêcher un suicide, puisque la femme venait d'ingérer des comprimés devant un infirmier. La patiente aurait aussi indiqué avoir des seringues sur elle.

L'urgentologue soutient avoir «donné une tape au niveau du sternum» de la patiente pour l'empêcher de se relever, de peur qu'elle morde ou qu'elle tente d'atteindre des comprimés dans ses poches.

«Mon intention dans tout ça, ce que je voulais, c'était d'aider la patiente à ne pas se suicider», a mentionné le Dr Lacroix.

Le médecin dit avoir été «surpris» lorsque la patiente lui a craché au visage, tout en étant inquiet du risque de contamination. Le crachat s'est retrouvé sur son visage, son torse, ses cheveux et son uniforme, a-t-il mentionné en précisant qu'il avait des plaies ouvertes à la tête à ce moment.

Le Dr Lacroix a raconté avoir ensuite «donné une tape» pour tourner le visage de la patiente, qui se trouvait sur une civière.

Il nie l'avoir insultée et menacée de mort à la suite du crachat. «J'ai peut-être dit "maudite"», a-t-il témoigné. La veille, les agents de sécurité avaient évoqué des insultes comme «pute» ou «salope».

L'urgentologue affirme qu'il a peut-être dit «ça va être plus grave si je tourne positif (au VIH ou à l'hépatite C)» et qu'il a peut-être employé le terme «prison» pour évoquer une possible plainte au criminel.

«Il n'y avait aucune intention de ma part de vouloir la tuer, a-t-il assuré. [...] Si j'avais voulu sa mort, je n'aurais pas aidé à empêcher son suicide, ça va de soi.»

Un peu plus tôt en matinée, le témoignage d'un agent du Service de police de la Ville de Gatineau a permis d'apprendre que le soir précédent, la patiente avec été conduite dans une cellule du poste de police pour «dégriser».

La patiente impliquée avait été citée à comparaître, mais ne s'est pas présentée à l'audience, qui a pris fin avec les plaidoiries des avocats de chaque partie. La poursuite soutient notamment que le Dr Lacroix a eu une réaction «inacceptable pour un médecin», tandis que la défense affirme que dans les circonstances, il a posé «des gestes acceptables en employant la force requise».

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