Barrette «pave la voie à la privatisation», accuse le PQ

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Mardi, Gaétan Barrette a annoncé un projet-pilote permettant à trois cliniques privées de faire des chirurgies d'un jour payées par l'État.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Le gouvernement Couillard est en train de favoriser l'expansion du secteur privé dans le réseau de la santé, selon l'opposition péquiste.

La porte-parole péquiste en santé, la députée Diane Lamarre, a estimé mercredi que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se servait de son projet-pilote sur le coût des chirurgies comme d'un «subterfuge» destiné en fait à intégrer davantage le secteur privé au réseau public.

«C'est très, très clair. Ça pave la voie à la privatisation», a dénoncé la députée en point de presse.

Elle juge que ce projet-pilote démontre que le ministre Barrette «pose toutes les pierres» présentement pour faciliter les choses aux cliniques privées et leur permettre de faire encore plus de profits.

La veille, le ministre Barrette avait annoncé qu'il donnait un mandat à trois cliniques privées en vue de déterminer le coût réel d'une chirurgie, première étape vers une réforme du mode de financement des hôpitaux.

À terme, Québec veut passer d'un financement historique, donc renouvelé et bonifié automatiquement d'une année à l'autre, à un financement basé sur les soins réellement prodigués aux patients.

À compter du mois de mai et jusqu'à la fin de 2018, des patients du réseau public nécessitant une chirurgie d'un jour seront donc réorientés vers ces cliniques privées, aux frais de l'État.

Le ministre Barrette juge essentiel d'utiliser ces cliniques privées pour calculer le coût exact d'une chirurgie et fixer un coût «optimal», qui servirait de référence. Dans le réseau public, la facture peut varier beaucoup d'un établissement à l'autre.

Mme Lamarre juge cet argument «farfelu». Au contraire, selon elle, le projet-pilote devrait être mené en milieu hospitalier «avec les bons paramètres et la vraie vie» pour donner l'heure juste sur les coûts engendrés.

Imperturbable, le ministre Barrette a répliqué en disant que c'était impossible, que le réseau public n'était pas conçu pour faire ce genre de calcul.

Les trois cliniques privées, toutes situées dans la région de Montréal (la clinique de chirurgie Dix30, le Centre de chirurgie RocklandMD et le Groupe Opmédic), pourront se partager quelque 4 millions $ par année pour remplir leur mandat.

Mme Lamarre en conclut que le ministre Barrette coupe des centaines de millions dans le budget des hôpitaux, mais «trouve toujours de l'argent» pour emplir les poches des médecins spécialistes oeuvrant en clinique privée.

En point de presse, le ministre Barrette a assuré que le profit n'était pourtant pas le but de l'opération. Mais il a convenu qu'il devrait négocier avec les administrateurs de ces cliniques la marge de profit acceptable pour effectuer les interventions requises dans le cadre du projet-pilote. «Ce sera à négocier avec eux», a-t-il dit.

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