Un urgentologue gatinois aurait giflé et menacé de mort une patiente

Les événements à l'origine de la plainte remontent... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Les événements à l'origine de la plainte remontent à janvier 2015.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Un urgentologue gatinois aurait giflé, insulté et menacé de mort une patiente atteinte du VIH et de l'hépatite C qui venait de lui cracher au visage.

La cause du Dr Luc-Philippe Lacroix, un omnipraticien qui travaille à titre d'urgentologue à l'Hôpital de Gatineau, a commencé à être entendue mercredi par le conseil de discipline du Collège des médecins du Québec (CMQ).

Les événements à l'origine de la plainte pour «conduite répréhensible» remontent à janvier 2015, alors qu'une patiente intoxiquée et agitée s'est présentée à l'urgence. Le personnel a dû utiliser des mesures de contention pour la contrôler, ont affirmé différents témoins de la poursuite. La patiente aurait aussi démontré des intentions suicidaires, en ingérant une dizaine de comprimés devant un infirmier.

Le Dr Louis Prévost, syndic adjoint du CMQ, a été mis au courant de l'incident par la directrice des services professionnels de l'ancien Centre de santé et de services sociaux de Gatineau. Selon ce qu'a mentionné le syndic adjoint, le Dr Lacroix «aurait manqué gravement à son devoir d'avoir un comportement exemplaire face à une patiente très vulnérable qui s'est présentée à la salle d'urgence en état d'intoxication» et qui, très agitée, aurait craché au visage de l'urgentologue.

«En réplique à cette agression de la patiente, le médecin l'aurait giflée [...] à plusieurs reprises, a rapporté le Dr Prévost. Il y aurait eu des gestes brusques, des insultes et des menaces à l'intégrité de la patiente.»

Le Dr Prévost a évoqué des «menaces de mort» à l'endroit de la patiente, puisqu'on lui a rapporté que le Dr Luc-Philippe Lacroix aurait lancé à la patiente «tu souhaites mourir, tu n'auras plus à le souhaiter si je teste positif au VIH, crois-moi».

Un infirmier présent lors des événements a ensuite témoigné avoir entendu la patiente cracher, puis avoir entendu le son d'une seule claque, alors qu'il était penché sous la civière. En précisant ne pas se souvenir des propos exacts, il a indiqué avoir entendu le Dr Lacroix dire «tu m'as craché dans la face ma maudite, si jamais je suis atteint de tes maladies, ça n'ira pas bien.»

L'un des agents de sécurité appelé à intervenir a pour sa part indiqué avoir entendu un «bruit de crachat», suivi de deux claques, alors qu'il était dos à la scène, en train de tenir une jambe de la patiente.

Selon cet agent, le Dr Lacroix aurait ensuite mentionné à la dame «si je teste positif, t'auras pas besoin de te suicider», le tout accompagné de sacres et d'insultes comme «salope, pute ou quelque chose du genre». Un autre agent a dit avoir entendu une première claque, puis s'être levé les yeux et avoir vu le médecin infliger une seconde claque au visage de la patiente. Un troisième agent a lui aussi affirmé avoir entendu un premier bruit de claque pour ensuite se relever et voir le Dr Lacroix qui «tenait un côté du visage de la patiente d'une main et de l'autre lui a ramené une gifle».

La femme n'en était pas à sa première visite à l'hôpital. Une partie du personnel était déjà informée de sa condition de santé à son arrivée.

Divers témoins de la défense doivent être entendus jeudi, dont le Dr Lacroix et la patiente impliquée.

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