Gratuité des médicaments de fécondation: pas encore de décision

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La Presse Canadienne

Aucune décision n'a encore été prise par Québec quant à la gratuité des médicaments nécessaires à la procréation assistée, a déclaré lundi le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui indique toutefois qu'il est possible qu'ils ne soient plus remboursés.

Il précise par ailleurs que le coût de ces médicaments dispendieux peut être inclus dans le crédit d'impôt prévu à cet effet, qui est disponible pour les parents.

Il ne s'agit donc pas d'un remboursement zéro, a-t-il répété lors d'une entrevue.

Il convient toutefois que même avec le crédit d'impôt - dont l'effet net sera variable selon les revenus du couple - il en coûtera plus cher aux parents infertiles.

«Mais c'est beaucoup moins cher que si nous l'avions aboli au complet», plaide le ministre.

«On n'est pas du tout dans le verre à moitié plein et à moitié vide. On est dans le verre à 80 pour cent plein pour les personnes moins fortunées.»

Le bureau du ministre a précisé qu'il est aussi possible pour les futurs parents de recevoir des remboursements anticipés du crédit d'impôt - et de ne pas devoir attendre un an pour le remboursement.

Selon le ministère du Revenu, le crédit d'impôt équivaut à 50 pour cent du total des frais admissibles et le maximum est de 10 000 $ par année.

Le ministre Barrette a dit qu'il allait suivre la recommandation de l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS), mais qu'il est tout à fait possible que l'organisme recommande d'en finir avec la gratuité de ces médicaments, puisque son mandat est d'adapter la liste de médicaments remboursés à la législation en vigueur.

Or la loi 20, adoptée par l'Assemblée nationale l'automne dernier, met fin à la gratuité de la procréation assistée.

«Je vais aller de l'avant avec la recommandation», a-t-il dit, soulignant l'«indépendance d'analyse» de l'organisme mandataire de l'État québécois.

Pour le ministre, la fin du remboursement des médicaments suivrait en quelque sorte la logique de la décision qui a été prise de ne plus financer le programme public de procréation assistée.

«Nous avons fait un choix de continuer à subventionner cette procédure-là», a-t-il dit, en référence au crédit d'impôt, ajoutant qu'il s'agit d'un choix mitoyen.

Mais la vice-présidente de l'Association des couples infertiles du Québec, Martine Vallée Cossette, ne partage pas cet avis.

Elle affirme que la question des médicaments n'a pas du tout été discutée en commission parlementaire portant sur la procréation assistée.

Elle précise que ces médicaments coûtent, selon les personnes et les doses requises, entre 4000 $ et 10 000 $ par cycle de fertilité, ce qui s'ajoute à la procédure de procréation en clinique qui varie entre 6000 $ et 10 000 $, alors que le crédit d'impôt est limité à 10 000 $.

Ce crédit d'impôt est donc loin de couvrir les coûts et il n'est pas accessible à tous, souligne Mme Vallée Cossette.

«C'est comme si on abandonnait une maladie complètement», déplore-t-elle.

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