Neuf minutes de rage pour dénoncer des soins inadéquats

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Une jeune femme de Gatineau atteinte du cancer déplore, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, ne pas avoir reçu l'attention nécessaire du personnel soignant lorsqu'elle signalait de nouveaux symptômes qui étaient finalement liés à la propagation de la maladie.

Dans une vidéo de neuf minutes mise en ligne jeudi sur sa page Facebook, Michelle Lebrun, 27 ans, exprime sa rage par rapport aux soins inadéquats qu'elle dit avoir reçus à Gatineau à la suite d'un diagnostic de cancer du col de l'utérus reçu le 3 juillet dernier. En 24 heures, la vidéo avait été visionnée quelque 175 000 fois.

La jeune femme s'est soumise à des traitements de chimiothérapie, au cours desquels elle affirme avoir vu une petite bosse apparaître du côté intérieur de son bras, à la hauteur du coude. Cette bosse a grossi, et une deuxième est apparue par la suite, cette fois sur son ventre. Michelle Lebrun montre d'ailleurs l'ampleur de ces deux bosses dans sa vidéo, et soutient en avoir parlé dès leur apparition, et ce, à chacun de ses rendez-vous.

«On me disait ben non, Mme Lebrun, c'est parce qu'on vous pique souvent, ce n'est rien, inquiétez-vous pas», raconte-t-elle. Ce n'est qu'après deux ou trois mois, dit-elle, qu'un médecin a réagi en demandant une biopsie.

«Pis c'est quoi, vous pensez? Un ost*e de cancer, gang de caves, lance-t-elle dans sa vidéo. Ça fait qu'eux autres, ils ont laissé cette bosse-là pendant deux, trois mois pousser sur mon bras en me disant que ce n'était rien pendant que je faisais de la chimio. Et là, mardi passé, il y a une semaine, ils m'ont annoncé que malheureusement, la chimio, ça ne fonctionnait pas parce que ça s'était propagé ailleurs, [...] que le cancer original a diminué, mais ça s'est propagé ailleurs et que donc nous, ici, à Gatineau on ne peut plus rien pour vous.»

Sans accuser directement le personnel soignant, la jeune femme estime ne pas avoir reçu l'attention nécessaire.

«Je ne dis pas que c'est la faute des infirmières, parce mon Dieu qu'il y en a des infirmières qui sont merveilleuses, il y a des docteurs qui sont merveilleux, dit-elle. Le problème, c'est qu'on ne prend pas assez de temps quand il faut prendre le temps et quand c'est sérieux. Oui, je suis juste une vie parmi tant d'autres, je ne suis pas ta fille, je ne suis pas ton amie, je ne suis pas rien, mais pour les amis qui m'aiment, je suis quelque chose...», lance-t-elle, le sanglot dans la gorge.

«Et je pense qu'il y a quelque chose pour moi quelque part qui va pouvoir me sauver la vie.»

Pour faire bouger les choses

Mme Lebrun dit être en attente de nouvelles de la part de l'Hôpital général juif de Montréal pour une possible participation à des essais cliniques, mais précise avoir tourné sa vidéo dans l'espoir de trouver une solution.

«Il y a eu erreur dans mon cas, parce que ça aurait dû être vérifié au début. [...] Donc moi, j'aimerais ça que le monde partage ma vidéo et je veux que les choses bougent pour moi, je ne sais pas comment, peut-être qu'il y a des remèdes miracles ou biologiques, mais faire accélérer les choses.»

Invité à réagir, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais a indiqué avoir lancé une enquête interne «pour voir ce qui s'est passé», a fait savoir la porte-parole Patricia Rhéaume.

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