Payer 2000$ de pot par semaine?

Johnny Dupuis réclame que l'assurance maladie paie pour... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Johnny Dupuis réclame que l'assurance maladie paie pour sa marijuana.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Bien connu dans la région pour sa lutte en faveur de la marijuana à des fins médicales, Johnny Dupuis a cessé de cultiver ses plants pour des raisons de santé et de sécurité, mais aussi parce que les coûts de production augmentent.

Il réclame, comme plusieurs consommateurs possédant une prescription médicale, que l'assurance-maladie paie pour sa marijuana. Le problème est que le gouvernement ne considère pas le cannabis comme un médicament. Il n'est donc pas remboursable.

Pourtant, les tribunaux ont statué que les Canadiens «doivent avoir un accès raisonnable à une source légale de marijuana à des fins médicales lorsqu'un professionnel de la santé leur en donne l'autorisation». Santé Canada ajoute, sur son site Internet, que «la marijuana séchée n'est pas un médicament approuvé» au pays.

Criminalité

M. Dupuis a été victime d'un braquage à domicile, perpétré par deux jeunes hommes qui savaient où se trouvaient sa plantation et son cannabis en vrac.

Le résident de Denholm veut cesser de produire, quitte à en acheter auprès de fournisseurs reconnus par l'État. Mais les prix fixés par les entreprises privées sont prohibitifs.

«J'ai regardé du côté de compagnies comme Hydropothicaire (à Masson-Angers), mais le prix au gramme revient à 15 $. Puisque je ne peux pas toujours fumer, je fais des concentrés de cannabis, explique M. Dupuis. Pour faire trois grammes de haschich, ça prend 42 grammes de cannabis. Un calcul rapide donne 2000-2400$ par semaine.»

Sa production artisanale lui coûtait de 35 à 45 cents le gramme. «Ma santé n'est plus très bonne et c'est devenu plus difficile de produire, explique M. Dupuis. Les coûts d'électricité ont aussi augmenté.»

Dans un état de santé déjà précaire, il a été diagnostiqué d'un syndrome de stress post-traumatique à la suite du crime. «Des anciens combattants souffrant du même stress se font rembourser leur marijuana. Pourquoi pas nous?»

M. Dupuis s'est même adressé au programme d'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC) pour obtenir un remboursement de sa marijuana. «Mon médecin veut bien m'aider, mais le système... Eh bien, on s'en lave les mains. On se sert des juges pour régler des problèmes politiques.»

En mars 2014, un juge de la Cour fédérale en Colombie-Britannique a émis une injonction permettant aux consommateurs de marijuana médicale de continuer à cultiver leur cannabis malgré l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation fédérale.

Selon cette nouvelle loi fédérale, quelques producteurs commerciaux sont autorisés à faire pousser du cannabis thérapeutique. En campagne électorale, le nouveau premier ministre canadien Justin Trudeau s'est engagé à légaliser le cannabis. Cette loi se fait toujours attendre par les militants pro-marijuana.

Oui, mais pas pour tout le monde

Le producteur de marijuana médicinale Hydropothicaire, du secteur Masson-Angers, convient que sa marchandise à 15$ le gramme «n'est pas pour tout le monde».

Son directeur général, Sébastien St-Louis, explique que le cannabis qu'il vend, grâce à un permis fédéral, est destiné aux gens qui en ont les moyens.

Hydropothicaire produit et vend de la marijuana à des fins médicales aux patients détenant une ordonnance de leur médecin.

«La moitié de nos clients est assurée, résume-t-il. Ce sont des gens qui sont couverts, par exemple, par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST, ex-CSST) ou encore des Vétérans.»

Selon M. St-Louis, trop peu d'assureurs privés acceptent de payer pour la marijuana thérapeutique. «Ça existe, mais typiquement, c'est (la clientèle) du haut de gamme. De notre côté, on offre aussi le service.»

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