Mini-urgence, grands succès

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«C'est une mentalité pour les gens d'aller au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, c'est difficile à changer, mais les gens qui viennent ici une première fois reviennent ensuite», souligne la Dre Karine Clément tout en affirmant que l'achalandage de la mini-urgence est «au-delà» des attentes initiales.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Une dizaine de consultations sur la rive ontarienne sont évitées chaque jour depuis l'ouverture de la mini-urgence pédiatrique de Gatineau, en mai dernier.

Selon les plus récentes statistiques d'utilisation de l'urgence pédiatrique obtenues par LeDroit, pas moins de 8869 patients de 0 à 17 ans ont pu y voir un médecin, entre le début mai et la fin décembre 2015.

L'impact sur le rapatriement des soins consommés en Ontario est non négligeable. Les données du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) montrent qu'en moyenne, depuis l'ouverture de l'urgence pédiatrique, une baisse de 17% des consultations à Ottawa ou dans l'Est ontarien a été enregistrée chez les patients de 0 à 17 ans. Cela représente environ dix patients de moins par jour.

La Dre Karine Clément, directrice médicale de la mini-urgence, affirme que l'achalandage est «au-delà» des attentes initiales.

«Au début, on avait un médecin qui voyait environ quatre patients à l'heure, et là, on est souvent rendu à deux médecins, donc on parle de huit à dix patients par heure, indique-t-elle. Ce n'est pas rare qu'il y ait de 60 à 70 patients vus par jour. [...] C'est une mentalité pour les gens d'aller au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, c'est difficile à changer, mais les gens qui viennent ici une première fois reviennent ensuite.»

À peine un peu plus de la moitié des patients vus à la mini-urgence n'ont pas de médecin de famille. «On s'attendait à ce que ce soit encore plus élevé», admet la Dre Clément, qui souligne que les patients ayant un médecin de famille, mais qui ne peuvent obtenir rapidement de rendez-vous, sont toujours les bienvenus.

Désengorger les hôpitaux

La mini-urgence a aussi permis de désengorger les salles d'attente des urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau. Le personnel de l'urgence de l'Hôpital de Gatineau a ainsi pu rediriger vers la mini-urgence plus du quart des patients de 0 à 17 ans à qui une faible cote de priorité avait été attribuée au triage.

Cela représente plus de 430 patients entre mai et décembre. Du côté de l'Hôpital de Hull, environ 10% des jeunes patients ayant reçu une cote de priorité faible (4 ou 5) ont pu éviter de longues heures d'attente en étant référés à l'urgence pédiatrique.

L'une des grosses forces de l'urgence pédiatrique repose dans l'accès aux plateaux techniques du milieu hospitalier, note la Dre Clément. «Si on a besoin de faire passer une radiographie à un patient, la commis appelle en radiologie, le patient marche et traverse de l'autre côté, et par le temps qu'il revienne, j'ai déjà reçu le rayon X», donne-t-elle en exemple.

Les enfants dont l'état est plus critique et qui nécessitent des soins en milieu hospitalier peuvent aussi être transférés directement sur une civière ou un lit par un médecin de l'urgence pédiatrique, sans devoir passer par la salle d'attente de l'urgence régulière.

Dans le cas de jeunes dont l'état de santé nécessite un suivi régulier, une référence à la clinique pédiatrique Le Copain de l'Hôpital de Gatineau pour aussi être faite, souligne la Dre Clément.

Croissance en vue

L'urgence pédiatrique de Gatineau pourrait étendre ses heures d'ouverture si le gouvernement tient parole et que l'Outaouais parvient à récupérer l'argent économisé par le rapatriement de soins consommés en Ontario.

À l'heure actuelle, la mini-urgence du boulevard de l'Hôpital ferme ses portes à 18h en semaine. La Dre Karine Clément, directrice médicale de l'urgence pédiatrique, affirme que la volonté est là pour prolonger les heures d'ouverture jusqu'à 21h ou même 22h, et pour augmenter les plages horaires des fins de semaine. «On a le personnel médical, et pour le personnel paramédical, c'est un peu comme une roue, explique la Dre Clément. Avec le financement initial, le but est de montrer qu'on rapatrie des gens pour aller récupérer ce budget.»

Un bilan doit être fait après la première année complète de la mini-urgence, afin de faire les représentations nécessaires pour obtenir l'argent économisé grâce au rapatriement, tel que promis par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

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