Aide médicale à mourir: l'Hôpital Bruyère dira non

Fondé en 1845 par soeur Elizabeth Bruyère, l'Hôpital... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Fondé en 1845 par soeur Elizabeth Bruyère, l'Hôpital Bruyère est géré à l'heure actuelle par la Société catholique ontarienne de la santé.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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La procédure d'aide médicale à mourir ne se fera pas entre les quatre murs de l'hôpital Bruyère. C'est ce qu'a déclaré le nouveau pdg de l'institution d'Ottawa, Daniel Levac.

Selon lui, puisqu'il est géré par une société catholique, l'hôpital s'oppose au principe même de l'aide médicale à mourir. Les patients en fin de vie qui le demanderont devront donc être transférés à une autre institution.

«Chez nous, étant donné qu'on est une institution catholique, on ne peut pas le faire», a confié M. Levac au Droit.

Fondé en 1845 par soeur Elizabeth Bruyère, l'Hôpital Bruyère est géré à l'heure actuelle par la Société catholique ontarienne de la santé. Au départ, l'idée qu'un médecin puisse contribuer à la mort d'un patient rebute l'institution, qui est la plus importante unité de soins palliatifs et de soins de fin de vie universitaire au Canada.

Comme bien des centres de soins palliatifs au Québec qui ont refusé d'offrir l'aide médicale à mourir, on ne voit pas à Bruyère l'aide médicale à mourir comme un soin, mais comme une façon de mettre fin à la vie.

«On veut être capable de refuser, signale M. Levac, car ça va à l'encontre de notre mission.»

L'Ontario a mis sur pied un groupe d'experts auquel se sont joints les provinces et territoires, moins le Québec qui a sa propre loi, mais n'a pas encore donné suite aux recommandations de ce groupe. Des consultations publiques auront lieu jusqu'au 21 janvier. La province n'a pas de projet de loi sur l'aide médicale à mourir sur les cartons, ce qui laisse les hôpitaux et les centres de soins palliatifs en suspens.

«On attend les directives de la province», reprend M. Levac. Il est cependant catégorique: «On ne pourrait pas le faire sur nos lieux.» Il rappelle toutefois que les médecins ont le droit de refuser de donner des médicaments et des injections létales à un patient en fin de vie et en souffrance extrême en autant qu'ils réfèrent le patient à un autre médecin.

L'Ontario appuie la démarche du fédéral qui a demandé à la Cour suprême du Canada un sursis de six mois, soit jusqu'en août, pour examiner cet enjeu délicat. En février 2015, la Cour suprême invalidait les dispositions du Code pénal qui interdisaient à un médecin d'aider un patient souffrant à mettre fin à ses jours.

La qualité des soins

Daniel Levac, qui était cadre depuis neuf ans à Bruyère, prend la barre de Bruyère dans un contexte financier et budgétaire difficile à l'aube de grands changements.

L'une de ses priorités, c'est de visiter les planchers et de parler au personnel, aux médecins et aux patients pour «s'assurer qu'on n'oublie pas la raison pour laquelle on est ici», c'est-à-dire offrir des soins de qualité.

Or, il y a eu des compressions de 12 millions $ au cours des cinq dernières années. La qualité des soins est là. «Mais dans le futur...»

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