Des Algonquins du Lac-Barrière dénoncent Santé Canada

Les habitants de Lac-Barrière doivent se rendre jusqu'à Val-d'Or,... (Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Les habitants de Lac-Barrière doivent se rendre jusqu'à Val-d'Or, Maniwaki, Mont-Laurier ou Montréal pour obtenir certains soins.

Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

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Paul Gaboury
Le Droit

Une quarantaine d'Algonquins de Lac-Barrière ont manifesté jeudi devant les bureaux de Santé Canada, au pré Tunney à Ottawa, pour dénoncer les changements récents imposés dans l'administration du transport médical des membres de cette communauté sise dans la réserve faunique La Vérendrye, à trois heures au nord d'Ottawa.

«Depuis l'imposition de ces pratiques en décembre, il y a déjà eu 29 rendez-vous médicaux manqués, pour des soins de dialyse ou autres rendez-vous dans des cliniques ou hôpitaux.

La situation met en danger la santé des membres les plus vulnérables, provoquant des délais, un manque d'accès au transport et une grande inefficacité dans l'utilisation des fonds», a expliqué leur porte-parole Michel Thusky.

Depuis 2005, les services offerts dans la communauté algonquine de Lac-Barrière, comptant 400 membres, sont administrés par une tierce partie en vertu d'une entente qui doit prendre fin en 2017.

Desservis par une clinique avec infirmières, les membres doivent se rendre jusqu'à Val-d'Or, Maniwaki, Mont-Laurier ou Montréal pour obtenir certains soins auprès d'un médecin ou dans les hôpitaux.

Santé Canada est financièrement responsable du transport pour les urgences et les rendez-vous médicaux dans les communautés autochtones. Jusqu'à la fin 2015, les fonds de transport étaient gérés par des employés locaux qui avaient recours à des conducteurs présents dans la communauté.

Avec les nouvelles règles, un préavis de 48 heures est désormais exigé pour autoriser un transport.

Un nouveau-né qui avait besoin de soins urgents à Maniwaki a dû attendre plus de quatre heures avant que son transport ne soit autorisé. Le bébé n'a pas subi de séquelles, mais les temps d'attente, les délais et les rendez-vous manqués provoquent énormément de stress.

«Le ministère demande des précisions personnelles médicales que les infirmières de notre communauté ne veulent pas donner parce qu'elles craignent de violer leur obligation de respecter la vie privée», a aussi expliqué M. Thusky.

«Il y a une crise, et il faut régler le problème de manière urgente. Nous espérons que les responsables du ministère vont nous entendre et comprendre que la situation ne peut durer» a-t-il dit.

Le chef de la communauté, Casey Ratt, a rappelé les promesses prises par le premier ministre Justin Trudeau ces derniers mois au sujet de l'importance des relations que doit entretenir son gouvernement avec les peuples autochtones. «Il est temps que le premier ministre et ses ministres remplissent leurs engagements», a souligné le chef Ratt.

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