Un statut moins particulier

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Martin Roy, Archives LeDroit

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C'était le 4 juin 2007. Philippe Couillard, alors ministre de la Santé, annonçait en grande pompe la reconnaissance de la situation particulière de la région et la mise sur pied du Plan d'action Outaouais (PAO), assorti d'une enveloppe annuelle de 20 millions $. «Le plan d'action fera sentir tous ses effets d'ici 2010», avait alors affirmé celui qui était à l'époque le ministre responsable de la région, Benoît Pelletier. Huit ans et demi plus tard, LeDroit a obtenu l'historique des dépenses réalisées grâce à ce statut particulier, qui avait au départ été consenti sous une forme renouvelable, mais dont l'enveloppe est maintenant intégrée en totalité dans le budget régional de quelque 790 millions $.

Une grande partie du statut particulier consenti au réseau de la santé de l'Outaouais en 2007 sert aujourd'hui à assumer des dépenses courantes de fonctionnement pour des services offerts dans plusieurs autres régions du Québec.

Des documents obtenus par LeDroit par le biais d'une demande d'accès à l'information démontrent que d'importantes sommes issues des 20 millions $ octroyés annuellement depuis la création du Plan d'action Outaouais (PAO) sont investies dans des projets récurrents qui sont, ailleurs au Québec, financés par le budget régulier des établissements.

Bien que le statut particulier ait été octroyé à la région en raison des difficultés inhérentes à la proximité de l'Ontario, plusieurs sommes y sont puisées sans qu'il n'y ait, en apparence, de lien bien précis avec cette situation frontalière.

C'est le cas pour le Centre de cancérologie, qui obtient de cette enveloppe entre 2 et 3,5 millions $ par année depuis cinq ans. Tout en reconnaissant que la région n'est pas la seule à héberger un tel centre, le président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), Jean Hébert, souligne qu'«on n'en avait pas, en 2007, et là on en a un». «Ça a augmenté notre offre de services et l'accessibilité», dit-il.

Au cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, son attachée de presse Joanne Beauvais abonde dans le même sens, et ajoute qu'«en ayant des infrastructures intéressantes, ça contribue à ce que des médecins veuillent rester» dans la région.

En juin 2007, Philippe Couillard, alors ministre de... (Archives LeDroit) - image 2.0

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En juin 2007, Philippe Couillard, alors ministre de la Santé, annonçait en grande pompe la reconnaissance de la situation particulière de la région et la mise sur pied du Plan d'action Outaouais. Aussi sur la photo: le ministre responsable de la région à l'époque, Benoît Pelletier, et la députée Stéphanie Vallée.

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La nouvelle urgence de l'hôpital de Gatineau a pour sa part nécessité un accroissement des dépenses de fonctionnement, de sorte que 700 000$ sont puisés chaque année, depuis trois ans, dans le budget du statut particulier. Pour l'agrandissement et les travaux à l'hôpital de Papineau, la même enveloppe fournit un peu plus d'un demi-million de dollars par année depuis 2010-2011.

«On agrandit, donc notre capacité augmente, donc ça prend des ressources supplémentaires», explique M. Hébert.

Le nouveau service d'aide téléphonique et d'intervention de crise Info-Social, qui existe dans d'autres régions, profite quant à lui 655 000$ du statut particulier. Une somme de 4,5 millions $ sur six ans est aussi pigée dans l'enveloppe du PAO en raison d'un «manque à gagner» pour le projet de centrale régionale de rendez-vous.

Séduire la main-d'oeuvre

En entrevue, le grand patron du CISSSO a insisté sur le fait que le PAO avait, dès le départ, comme objectif de favoriser l'attraction et la rétention de main-d'oeuvre, mais aussi d'améliorer l'accès aux services médicaux. En ce sens, le PAO permet d'offrir de nouveaux services, dit-il, et a pu servir à accélérer le développement de projets, puisque les dossiers n'avaient pas à être présentés un à un à Québec. «On voulait améliorer les choses, et je pense que de façon générale, les choses ont été améliorées», affirme-t-il.

Des gains ont été observés du côté des ressources humaines grâce aux mesures financées par le PAO, ajoute M. Hébert, qui se réjouit de la diminution substantielle du recours à la main-d'oeuvre indépendante.

Le montant alloué au «projet d'attraction et de rétention des étudiants en médecine» grâce au statut particulier est quant à lui passé, au fil des ans, de 21 000$ à 170 000$. La «stratégie relative à la situation frontalière» obtient pour sa part un financement très variable. Le PAO y a injecté près d'un million de dollars en 2008-2009. Quatre ans plus tard, c'était 1,7 million. Pour l'année en cours, le CISSSO prévoit 222 000$.

«La baisse majeure [en 2013-2014] découle vraisemblablement d'une décision du Parti québécois, analyse Joanne Beauvais au cabinet du ministre Barrette. [...] On l'a remonté, mais vraisemblablement, le montant n'a pas été majoré tant que ça, probablement parce que la mesure fonctionne avec ce montant-là.»

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