De l'espoir à Aylmer pour les patients orphelins

Les docteurs Gaétan Babineau, Anh-Thu Vu-Khanh et Sophie... (Martin Roy, LeDroit)

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Les docteurs Gaétan Babineau, Anh-Thu Vu-Khanh et Sophie Forest pratiqueront au Carrefour santé Aylmer.

Martin Roy, LeDroit

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La nouvelle clinique médicale qui ouvrira cette semaine dans le secteur Aylmer permettra d'accroître le nombre de patients inscrits, mais ne sera toutefois pas accessible à ceux qui n'y ont pas de médecin de famille.

L'ouverture de la clinique du Carrefour santé Aylmer, dans un nouvel édifice au 362, chemin d'Aylmer, aura lieu mercredi. Elle accueillera 11 médecins ayant choisi de délaisser la Coop santé Aylmer. L'accréditation de groupe de médecine familiale (GMF) a été transférée à la nouvelle clinique, et est partagée avec le Centre médical du Portage.

À l'heure actuelle, quelque 9000 patients sont inscrits auprès de l'un des médecins de la nouvelle clinique. L'une des copropriétaires de la clinique et responsable du GMF, la Dre Anh-Thu Vu-Khanh, affirme qu'il est plausible de penser que 1000 patients supplémentaires pourraient y dénicher un médecin au cours de la prochaine année.

La Dre Vu-Khanh a fait savoir que la décision de quitter la Coop santé Aylmer a été prise en raison de mésententes «sur certains points». «On voulait être maître chez nous», explique-t-elle.

Alors que la coopérative offrait à toute la population l'accès à des consultations sans rendez-vous, la clinique du Carrefour santé Aylmer a choisi de ne pas poursuivre dans cette voie.

«C'était trop difficile à gérer, explique la Dre Vu-Khanh. Ça empêchait certains de nos patients de venir nous voir, ce qui n'est pas correct selon notre entente GMF. Donc pour l'instant, seuls les patients inscrits au GMF seront acceptés, et on verra dans l'avenir ce qu'on fera.»

Les nouvelles installations aideront toutefois à augmenter la quantité de patients inscrits, assure la Dre Vu-Khanh, tout comme la plus récente entente intervenue entre le gouvernement et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. La technologie sera aussi mise à contribution, avec un système de prise de rendez-vous par Internet.

«Les locaux sont plus ergonomiques, ce qui permettra entre autres d'accueillir des infirmières auxiliaires qui vont nous aider dans nos tâches, et les premiers suivis de grossesse pourront être effectués par une infirmière», souligne-t-elle.

Au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais, la porte-parole, Geneviève Côté, affirme que malgré le fait que les patients orphelins ne seront plus acceptés à la nouvelle clinique, certaines des quelque 42 000 personnes inscrites sur la liste centralisée pourraient recevoir un appel leur annonçant qu'un médecin du nouveau GMF les suivra.

«L'ancien GMF prenait les patients orphelins, mais il y avait moins de prise en charge, a-t-elle indiqué. Il n'y aura effectivement plus de patients orphelins acceptés au sans rendez-vous, mais la clinique va accroître le nombre de prises en charge et aller ainsi chercher des patients orphelins.»

À plus long terme, il n'est pas impossible que le GMF adopte le modèle réseau, afin d'élargir ses heures d'ouverture et d'accepter les patients non inscrits aux plages de consultations sans rendez-vous.

«On n'ose pas trop planifier ce genre de chose-là, mais on garde l'idée en tête», a fait savoir la Dre Vu-Khanh. Une telle avenue nécessiterait toutefois «l'engagement des médecins du secteur», précise-t-elle, afin d'avoir un bassin de professionnels suffisamment grand pour adopter un tel modèle.

Avenir incertain pour la Coop santé Aylmer

Diverses avenues sont envisagées pour permettre à la Coop santé Aylmer de relancer ses activités, mais rien n'a pu se concrétiser avant la fermeture de la clinique qui était hébergée dans ses locaux de la rue du Couvent.

La présidente du conseil d'administration de la coopérative, Valérie Dufour, a indiqué travailler «sur plusieurs dossiers en même temps», en précisant qu'un éventuel partenariat avec les cliniques ontariennes Appletree n'est qu'«une option parmi d'autres». Les services médicaux offerts à la clinique de la coopérative ont pris fin dimanche, alors que les médecins qui y oeuvraient ont tous quitté pour pratiquer ailleurs. 

Mme Dufour espère pouvoir faire «le plus rapidement possible» une annonce au sujet d'une relance des services médicaux à la Coop Santé Aylmer. «Pour nous, c'est une grande urgence, pour ne pas laisser un trou», explique-t-elle en précisant que l'organisme cherche à recruter des médecins qui «sont prêts à voir tout le monde».

La pénurie de médecins persiste

La pénurie de médecins de famille est par ailleurs toujours bien réelle en Outaouais, et l'année qui vient de s'écouler n'aura pas été la plus lucrative en termes de recrutement.

Sur les 33 postes d'omnipraticiens autorisés par Québec pour l'Outaouais en 2015, la région n'aura réussi qu'à en attirer 21. La période pour présenter une candidature s'est terminée lundi, de sorte que les prochains médecins à manifester un intérêt pour s'installer dans la région devront soumettre leur nom pour l'un des 32 postes autorisés en 2016.

Pendant ce temps, le guichet d'accès pour la clientèle orpheline (GACO) de l'Outaouais comptait, en date du 3 novembre dernier, 41 737 noms.

Selon les données fournies par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais, près de 4500 patients ont pu dénicher un médecin de famille grâce au GACO depuis le 1er avril dernier. Le nombre de personnes qui s'y inscrivent dépasse encore toutefois de beaucoup la quantité de patients référés chaque année grâce à cet outil.

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