Santé mentale: hausse de 75% des visites aux urgences

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L'émergence des médias sociaux explique en partie pourquoi bon nombre de jeunes nécessitent davantage des soins en santé mentale, estime la Dre Smita Thatte directrice clinique du programme de psychiatrie pour jeunes au Royal.

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Deux centres hospitaliers d'Ottawa redoublent d'efforts pour répondre à l'explosion de cas de troubles de santé mentale de plus en plus précoces chez les jeunes.

Le Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO) et Le Royal ont lancé jeudi un plan stratégique de cinq ans qui vise à améliorer l'accès pour les enfants et les adolescents de la région à de tels soins.

«Les jeunes deviennent malades beaucoup plus tôt qu'autrefois, observe la Dre Kathleen Pajer, chef de la psychiatrie au CHEO. À titre d'exemple, nous offrons de l'aide pour des problèmes alimentaires à des enfants de 8 à 10 ans, alors qu'auparavant, cette réalité se trouvait seulement chez les adolescents.»

D'ailleurs, le centre hospitalier a observé une augmentation de 75% de ses visites aux urgences pour des troubles de santé mentale et a vu plus de 1000 jeunes attendre un traitement en consultation externe depuis 2010.

«Les jeunes qui présentent des signes d'automutilation, par exemple, ont très peu de mécanismes d'adaptation. Donc, quand ils font face à du stress, leur liste de solutions dans leur répertoire émotionnel est très limitée. Soit ils tentent de changer la situation ou ils se font mal. Les jeunes qui nous consultent ont véritablement une vie en pleine tourmente», souligne la Dre Pajer.

L'émergence des médias sociaux explique en partie pourquoi bon nombre de jeunes nécessitent davantage des soins en santé mentale, estime la Dre Smita Thatte directrice clinique du programme de psychiatrie pour jeunes au Royal.

«Il semble que les jeunes sont exposés à des enjeux adultes plus tôt dans leur vie. Ils ont aussi accès plus facilement à leurs pairs, ce qui cause des problèmes dans l'apprentissage du mécanisme d'adaptation», dit-elle.

Les nombreuses campagnes de sensibilisation démontrant les services en santé mentale - souhaitables en théorie - auraient aussi provoqué cette affluence aux urgences du CHEO.

«Il faut donc radicalement changer nos pratiques, puisque le Royal est le seul établissement qui peut offrir des soins à long terme. Chez nous, au CHEO, nous tentons simplement d'assurer leur sécurité pendant la période de crise», précise la Dre Pajer.

«À l'heure actuelle, 60% des jeunes qui s'y présentent ont 16 ans et plus. Notre capacité pour traiter les plus jeunes s'effrite petit à petit en raison de la demande chez les adolescents, ajoute Alex Munter, président et directeur général du CHEO. Notre priorité est de réduire les temps d'attente pour les traitements.»

C'est pour cette raison que le CHEO et le Royal misent en premier lieu sur l'approche multidimensionnelle Choix et partenariats, à même leurs ressources financières actuelles, pour corriger le tir. Cette méthodologie a fait ses preuves à Halifax. Sur une période de deux ans, les temps d'attente ont chuté de 57% alors que la demande de soins a augmenté de 68% durant cette même période.

«L'objectif est de traiter les jeunes le plus tôt possible. Une telle approche fait en sorte qu'un rendez-vous pour la dépression peut prendre quatre semaines au lieu de 10 à 12 mois», signale la Dre Pajer.

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