Le CISSSO dans le rouge

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Depuis le début de la semaine, les 86 installations du CISSSO, dont les effectifs sont de 8555 employés, relèvent dorénavant des nouvelles directions du réseau.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Alors que l'ancien CSSS de Gatineau avait été mis sous tutelle en janvier par le ministre de la Santé Gaétan Barrette qui disait ne pas être payé pour faire de la «contemplation de croissance de déficit», voilà que le nouveau Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) vogue droit vers un déficit anticipé de 8 millions $.

Les compressions de 32 millions $ annoncées lors du dépôt du budget avoisinant les 790 millions $ en juin dernier dans l'espoir d'atteindre l'équilibre budgétaire ne semblent pas encore avoir eu l'effet escompté. La direction de l'organisation qui résulte de la fusion de neuf ex-établissements a dressé le bilan de ses six premiers mois d'opération et le manque à gagner se chiffre à 3,9 millions $.

La nouvelle a été annoncée mercredi aux quelque 300 cadres par le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert. Le pdg dit être impressionné par le personnel qui a su prioriser les besoins de la population et maintenir l'offre de services malgré les grandes transformations du réseau et le contexte budgétaire difficile.

Conscient que la loi oblige les organisations de santé à clore l'année avec un déficit zéro, le grand patron de la nouvelle organisation régionale avoue que la commande est de taille d'ici le mois de mars mais n'est pas impossible à réaliser.

«L'objectif est de ramener le bateau dans le droit chemin. Il faut comprendre que la situation est exceptionnelle, on a fusionné neuf établissements, c'est du jamais vu au Québec. Notre priorité était de maintenir les services à la population, tout ça pendant que la nouvelle structure se développait et qu'on avait moins de ressources pour le faire. Moi ce que j'ai demandé, c'est que l'accessibilité et les services cliniques ne soient pas affectés. Ce sont nos balises, c'est notre mission», affirme M. Hébert.

Ajoutant que les états financiers sont moins roses qu'anticipés entre autres car certaines mesures tardent à être mises en place, le pdg soutient cependant que certaines décisions du CISSSO portent leurs fruits, par exemple la réduction du temps supplémentaire et du recours à la main d'oeuvre indépendante dans les institutions de santé.

Changements prévus

Les prochains mois ne seront pas de tout repos, avoue Jean Hébert, qui précise que plusieurs changements sont à prévoir. Un nouveau plan dont l'objectif ultime sera de dénicher des solutions afin d'atteindre l'équilibre budgétaire devra être élaboré. Une rencontre pour faire le point et identifier des secteurs où il y a des économies potentielles à faire aura lieu d'ici deux semaines.

«Il faudra regarder aussi si on peut s'inspirer d'établissements comparables, par exemple au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Montérégie, qui sont en mesure de donner les mêmes services à coût moindre», de dire Jean Hébert.

Déjà, depuis le début de la semaine, les 86 installations du CISSSO, dont les effectifs sont de 8555 employés, relèvent dorénavant des nouvelles directions du réseau. De plus, le nombre de cadres au sein de l'organisation sera passé de 369 à 315 en l'espace de six mois, ajoute M. Hébert, heureux de cet effort de rationalisation. Il s'agit d'une baisse de 15%. La totalité de ces postes, par ailleurs, seront dotés au plus tard à la mi-décembre.

Le cabinet du ministre de la Santé Gaétan Barrette n'avait pas réagi à l'annonce du CISSSO au moment d'écrire ces lignes, malgré une demande formulée par LeDroit. La ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, n'avait pas retourné nos appels non plus.

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