La pénurie de pharmaciens coûte cher

L'Hôpital de Maniwaki a dépensé près de 250... (Photo Brian Snyder, Reuters)

Agrandir

L'Hôpital de Maniwaki a dépensé près de 250 000 $ en moins d'un an pour obtenir les services de dépannage d'un pharmacien.

Photo Brian Snyder, Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La pénurie de pharmaciens en établissement coûte cher au réseau de la santé en Outaouais, où des centaines de milliers de dollars ont été dépensées ces dernières années pour obtenir des services de dépannage.

À l'Hôpital de Maniwaki, près de 250 000$ ont été dépensés en dix mois pour obtenir les services d'un dépanneur.

Martial Bergeron, dont l'inscription à l'Ordre des pharmaciens du Québec indique qu'il travaille dans la région de Saint-Hyacinthe, a obtenu des contrats consécutifs pour effectuer du dépannage à l'hôpital de Maniwaki.

L'un de ces contrats conclus de gré à gré, d'une valeur de 148 789$, couvrait une période de six mois commençant le 27 avril 2014. Il a par la suite été reconduit pour quatre mois, pour 101 024$.

M. Bergeron avait aussi obtenu d'autres contrats auparavant, dont un en date d'avril 2013 d'une valeur de 174 254$.

La porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), Patricia Rhéaume, a indiqué que les sommes versées à M. Bergeron étaient basées sur un taux horaire de 110$, un montant couvrant à la fois ses honoraires, ses frais de déplacement et son hébergement.

D'importantes sommes ont aussi été dépensées ces dernières années pour assurer la présence d'un pharmacien à l'hôpital Mémorial de Wakefield.

Les pharmaciens Sébastien Aubin et Nadine Lacasse avaient conclu en 2008 un contrat ayant par la suite été renouvelé, qui a coûté entre 130 000$ et 200 000$ par année, a fait savoir Mme Rhéaume.

La porte-parole du CISSSO a indiqué que ce contrat, qui se basait sur un taux horaire avoisinant 80$, a pris fin en septembre dernier, puisque l'hôpital compte maintenant sur la présence d'un pharmacien en établissement.

Importante pénurie

La pénurie de pharmaciens en établissement a légèrement diminué ces dernières années, mais son ampleur reste importante. Selon la dernière enquête annuelle de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES), le taux de pénurie se situait à 19,1% en date du 1er avril dernier, ce qui signifie qu'environ 250 postes sont vacants.

Le président de l'APES, François Paradis, souligne que le recours aux pharmaciens dépanneurs coûte «autour de 15 millions$» par année.

Il ajoute qu'en considérant les honoraires et les frais de déplacement et d'hébergement, les pharmaciens dépanneurs représentent des dépenses environ trois fois plus élevées que celles encourues pour les pharmaciens occupant un poste en établissement.

«Les pharmaciens dépanneurs vont venir combler des besoins très immédiats, mais ne vont pas s'investir dans des projets, donc en termes de valeur ajoutée, les établissements ne sont vraiment pas gagnants, affirme le président de l'APES. [...] Mais à défaut d'y avoir recours, on risquerait d'être en rupture de service.»

Selon l'Ordre des pharmaciens du Québec, 18% du corps professoral oeuvre au sein d'un établissement de santé de la province.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer