Des virus pour combattre le cancer

En janvier dernier, Christina Monke est devenue la... (Etienne Ranger, LeDroit)

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En janvier dernier, Christina Monke est devenue la toute première patiente à participer à l'essai clinique. Il est trop tôt pour savoir si le traitement est un succès, mais elle dit déjà en ressentir les bienfaits.

Etienne Ranger, LeDroit

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Après 15 ans de travail, une équipe de chercheurs ontariens a mis au point un traitement expérimental unique au monde pour combattre le cancer, tout en éliminant les effets secondaires désagréables.

David Stojdl, du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, Brian Lichty, de l'Université McMaster, et John Bell, de l'Hôpital d'Ottawa, ont annoncé la tenue du tout premier essai clinique mondial de la virothérapie.

Ce traitement expérimental combine deux virus pour attaquer et tuer les cellules cancéreuses, tout en stimulant une réponse immunitaire anticancéreuse chez les patients.

«Ce sont des virus qui font la différence entre les cellules cancéreuses et celles en santé. Nous savons que les cellules cancéreuses se cachent dans le système. Les virus permettront de les cibler tout en régénérant le corps humain», explique le Dr Stojdl.

Un premier essai clinique

En janvier dernier, Christina Monker, une ancienne infirmière de Rockland, est devenue la toute première patiente à participer à l'essai clinique. On lui a diagnostiqué un cancer en 2012.

Malgré six semaines de radiothérapie et deux cycles de chimiothérapie, le cancer s'est propagé aux poumons de la dame de 75 ans originaire des Pays-Bas. Trente autres traitements de chimiothérapie subséquents n'ont pas porté fruit.

C'est à ce moment que l'équipe de chercheurs l'a approchée pour participer à un essai clinique. «Le cancer ne cessait de progresser, a-t-elle témoigné. Les traitements étaient terribles et la chimio était encore pire. Je ne pouvais plus continuer ainsi. J'étais évidemment un peu nerveuse d'entreprendre cette démarche, mais j'ai senti qu'il s'agissait de ma dernière chance.»

Il est trop tôt pour savoir si le traitement révolutionnaire est un véritable succès. L'essai clinique doit durer 18 mois. Chose certaine, Mme Monker ressent déjà les bienfaits du traitement expérimental. «C'est le jour et la nuit entre les deux traitements. Les effets secondaires sont minimes. Et on ne doit pas subir un traitement - difficile - aux quatre semaines. Avec la virothérapie, j'ai simplement ressenti les symptômes d'une grippe pendant quelques jours et je pouvais facilement les gérer.»

L'essai clinique doit accueillir jusqu'à 79 patients dans quatre hôpitaux du pays.

L'idée d'utiliser un virus pour traiter le cancer existe depuis plus d'un siècle. Au fil des ans, des cas de patients atteints de la maladie s'étant rétablis après une infection virale apparaissent régulièrement dans des publications scientifiques. Ce n'est que récemment que la virothérapie a été mise au point et testée de façon vigoureuse.

«Le traitement n'est pas une certitude parce que nous le testons toujours, rappelle le Dr Bell. Mon rêve est que ce traitement remplace la radiothérapie et la chimiothérapie, mais au bout du compte, la guérison passera peut-être par une combinaison de tous ces procédés. Nous sommes prêts à tout faire pour vaincre cette maladie.»

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