David Levine: retour sur un passage remarqué à Ottawa

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À sa première journée de travail à l'Hôpital d'Ottawa, David Levine avait dû subir la colère des manifestants.

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En raison de son passé dans les rangs souverainistes, son arrivée à Ottawa avait fait scandale avant même qu'il n'y mette les pieds pour prendre les rênes de l'Hôpital d'Ottawa, nouvellement fusionné. Dans un livre lancé hier, David Levine revient sur son passage à la tête de cet établissement, marqué par la contestation et les querelles internes inhérentes à toute fusion.

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À sa première journée de travail à l'Hôpital d'Ottawa, David Levine avait dû subir la colère des manifestants.

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Tout un chapitre du livre Santé et politique; un point de vue de l'intérieur, publié aux Éditions du Boréal, est consacré aux trois années qu'a passées David Levine à Ottawa. Arrivant de New York où il a été délégué général du Québec à la suite d'un passage dans le réseau québécois de la santé, sa nomination à l'Hôpital d'Ottawa a fait grand bruit. Le maire d'Ottawa Jim Watson, qui occupait les mêmes fonctions à l'époque, avait réclamé sa démission, comme de nombreux autres élus de la région.

Avant l'annonce officielle, le quotidien anglophone Ottawa Citizen sort la nouvelle: c'est un homme qui s'est présenté pour le Parti québécois en 1979 qui dirigera le nouvel Hôpital d'Ottawa.

«Ce fut le début d'une tempête que personne n'avait prévue, raconte M. Levine dans son livre. L'article [...] affirmait que j'étais un séparatiste qui voulait disloquer le Canada. Le texte contenait des déclarations selon lesquelles je me préparais à n'engager que des francophones à l'hôpital et que les unilingues anglophones allaient perdre leur emploi».

Le conseil d'administration a maintenu sa décision, malgré les protestations fusant de toutes parts. «J'avais appris de mes expériences antérieures qu'un pdg devrait toujours entrer en fonction le plus discrètement possible [...] et il était clair que je n'entamais pas ce mandat du bon pied», raconte M. Levine dans l'ouvrage de près de 400 pages. M. Levine et les membres du conseil d'administration ont reçu des appels de menaces. Des gens ont placé des drapeaux du Canada devant sa résidence.

Malgré cette entrée en poste dans le tumulte, David Levine devait gérer la fusion d'hôpitaux, tout en sachant que des études ont démontré que «les coûts des fusions ont été de loin supérieurs à toutes les estimations, tandis que les délais dans les investissements se sont invariablement traduits par une détérioration de la qualité des soins dans les hôpitaux fusionnés», écrit-il.

M. Levine a d'abord réussi à empêcher la fermeture du campus Riverside, dictée par la Commission de restructuration, cette instance qui avait également prévu, à l'époque, la fermeture de l'Hôpital Montfort. Il fallait aussi travailler avec les médecins et gestionnaires des campus Général et Civic, qui «étaient à couteaux tirés depuis des années». Des retraites entre hauts dirigeants ont été nécessaires pour parvenir à souder l'équipe.

Son passage à Ottawa lui aura aussi permis de mieux comprendre les différences de gestion entre les systèmes de santé du Québec et de l'Ontario. Du côté ontarien, les dirigeants sont mieux rémunérés et sont «entièrement» responsables des résultats.

«Au Québec, les innombrables interventions du gouvernement et des agences régionales dans la gestion quotidienne des établissements ne permettent pas de déterminer facilement qui en est véritablement responsable, écrit-il. Il en résulte une culture en vertu de laquelle rien ne peut être fait sans autorisation.»

Le séjour de David Levine dans la capitale s'est terminé en queue de poisson. Il a quitté l'établissement quelques mois après que le gouvernement eut destitué le conseil d'administration.

Il a par la suite été ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec, puis pdg de l'Agence de la santé de Montréal, fonction qu'il a occupée jusqu'au printemps 2012.

Tout en revenant sur ses diverses expériences professionnelles, M. Levine propose, dans son livre, quelques pistes de solutions et fait connaître son opinion sur les divers maux du système de santé actuel.

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