Jus dilué et pain rationné au CHSLD

«On a appris qu'on a demandé au personnel... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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«On a appris qu'on a demandé au personnel de mettre de l'eau dans le jus pour les collations parce qu'on sait qu'il y a des compressions budgétaires sur tout ce qui touche la cuisine», affirme Lyne Plante, présidente locale de la FIQ.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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D'un côté, la parole d'un syndicat. De l'autre, celle de l'employeur. Alors que la section locale de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) affirme que le jus doit maintenant être dilué et que le pain est rationné dans les centres d'hébergement, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) nie que des consignes aient été émises en ce sens.

La présidente locale de la FIQ, Lyne Plante, a dénoncé mercredi midi, dans le cadre d'une «marche des sarraus», plusieurs mesures «non dites» qui seraient imposées par l'employeur.

Dans le lot, des restrictions touchant les collations servies aux résidents des centres d'hébergement.

«On a appris qu'on a demandé au personnel de mettre de l'eau dans le jus pour les collations, parce qu'on sait qu'il y a des compressions budgétaires sur tout ce qui touche la cuisine, affirme Mme Plante. Ça, c'est non écrit, mais confirmé par des salariés. Ils ont diminué les collations, et on a même des restrictions sur le nombre de pains par unité.»

L'employeur nie tout

Le CISSSO rétorque qu'aucune directive en ce sens n'a été émise. «Il n'y a aucune consigne de ce type qui a été donnée, affirme la porte-parole de l'organisation, Geneviève Côté. La plupart des jus sont distribués dans des contenants individuels scellés avec du papier d'aluminium. S'il s'agit d'un pichet, le jus est préparé dans les cuisines, selon les consignes nutritionnelles, avant d'être envoyé sur les étages.»

Mme Côté soutient également que les denrées comme le pain ne sont pas rationnées pour les résidents des centres d'hébergement.

Longue liste de récriminations

Plusieurs autres récriminations ont été présentées mercredi par la section locale de la FIQ. Obligation pour les patients de «fournir et payer leurs propres pansements» pour les soins reçus à domicile, disparition de chambres simples dédiées aux soins palliatifs au Foyer du Bonheur, diminution du nombre de lits aux soins intensifs à l'Hôpital de Gatineau et diminution des services offerts par les infirmières en milieu scolaire sont au nombre des doléances du syndicat.

Le CISSSO a réagi en indiquant qu'il «ne commentera pas chacune de ces affirmations», tout en soulignant qu'«elles font partie des échanges que les syndicats doivent avoir avec la direction de l'organisation».

Une rencontre convoquée par le grand patron du CISSSO, Jean Hébert, doit avoir lieu cet avant-midi dans le but «d'établir les mécanismes d'échanges d'informations en lien avec le plan d'équilibre budgétaire».

La section locale gatinoise de la FIQ doit tenir une assemblée générale spéciale jeudi prochain afin de faire le point sur les impacts des compressions totalisant 19,5 millions $ récemment annoncées par le CISSSO pour l'année 2015-2016. Un vote aura également lieu sur les moyens de pression à entreprendre. Dans le cadre des négociations en cours en vue d'un renouvellement de la convention collective, les membres ont déjà voté, au début du mois, en faveur d'un «mandat de grève légale», a fait savoir Lyne Plante, qui précise qu'il s'agit d'un moyen de pression ultime qui pourrait s'exercer «au moment jugé opportun» tout en respectant l'offre de services essentiels.

Des employés tenus au silence

Des professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) disent avoir reçu la consigne de ne pas aviser leurs patients si leur poste est supprimé dans le cadre de la vague de compressions en cours.

Le président local de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), André Gaudreau, affirme qu'au cours d'une «rencontre d'équipe», la semaine dernière, certains de ses membres ont reçu comme instruction «de ne pas aviser leurs patients que leur poste avait été aboli».

«Mais selon plusieurs codes de déontologie, les gens ont l'obligation d'aviser leurs patients», souligne M. Gaudreau. Dans le cas des travailleurs sociaux, par exemple, leur code de déontologie prévoit que «le travailleur social qui, unilatéralement, cesse d'offrir ses services à un client, en avise ce dernier dans un délai raisonnable et veille à ce que cette situation ne soit pas préjudiciable au client».

Au CISSSO, la porte-parole, Geneviève Côté, n'a pas été en mesure de confirmer qu'une telle directive a été émise.

«Je ne peux pas nier ou infirmer que cette information-là a été donnée, a-t-elle mentionné. Il est possible qu'un message ait été transmis aux employés à l'effet qu'étant donné que les patients vivent des situations déjà difficiles, il fallait éviter d'accroître leurs inquiétudes en leur parlant des compressions dans le réseau. [...] On ne leur a pas dit de ne pas parler des compressions aux patients, mais il est possible qu'il ait été mentionné d'éviter de stresser les patients. On comprend que ce que vivent les employés, ce n'est pas facile, mais il faut essayer d'éviter d'accroître l'insécurité chez les patients.»

L'APTS recommande pour sa part à ses membres de se fier à leur code de déontologie afin de déterminer ce qu'ils doivent dire à leurs patients. Le CISSSO reconnaît également que les employés concernés doivent répondre aux exigences de leur ordre professionnel à cet égard.

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