Les syndiqués s'insurgent

Des soins « déshumanisés »

« Ça va être l'enfer », réagi Josée McMillan, présidente... (Etienne Ranger, LeDroit)

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« Ça va être l'enfer », réagi Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé de Gatineau, qui représente notamment les préposés aux bénéficiaires du réseau.

Etienne Ranger, LeDroit

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Les soins seront « déshumanisés » et le climat de travail s'annonce « exécrable », dénoncent les syndiqués de l'ancien Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG), qui digèrent mal les compressions de 19,5 millions$ auxquelles ils seront confrontés dans le cadre du plan de redressement budgétaire que leur a présenté la partie patronale.

Les présidents de trois syndicats représentants des employés du CSSSG ont vivement réagi, mardi, aux compressions annoncées par l'employeur, qui prévoient l'abolition de 125 à 150 postes, pour une perte nette évaluée à 60 à 80 postes.

Les abolitions annoncées auront non seulement un impact sur les personnes touchées au bout de la ligne, mais aussi sur les employés qui seront bousculés dans les chaînes de supplantation, souligne les syndicats.

« Le climat de travail vient d'être handicapé pour non seulement les prochains mois, mais pour les prochaines années », estime le président local de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), André Gaudreau, qui a appris hier que 39 postes seront abolis pour son syndicat. Il s'agit notamment de psychologues, d'éducateurs, de travailleurs sociaux, de nutritionnistes et d'ergothérapeutes.

Le climat s'annonce aussi « malsain », voire même « exécrable » pour les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes, selon la représentante locale de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Lyne Plante. Cette dernière note que les abolitions annoncées hier, qui concernent 31 postes pour la FIQ, s'ajoutent à celles vécues l'été dernier, qui ont touché une quarantaine de postes. « Depuis des années, on a toujours dit qu'au CSSSG, le patient est au coeur des préoccupations, mais maintenant, depuis trois-quatre ans, c'est le budget », s'insurge Mme Plante.

Les syndiqués avalent aussi de travers la notion d'amélioration de la productivité mise de l'avant par la partie patronale pour générer des économies sans affecter les services. Les employés ont déjà « la langue à terre » et sont « à bout de souffle », plaide André Gaudreau à l'APTS. « Comment on va réussir ça ? On est en train carrément de déshumaniser les soins qu'on est en train de donner à la population, dénonce-t-il. [...] Le fond du problème, c'est [que] nous sommes sous-financés dans l'Outaouais. Le Commissaire à la santé et au bien-être du Québec avait dit que c'est 161 millions$ qu'il manque dans l'Outaouais. On parle de compressions, mais on ne l'a pas cet argent-là, donc on compresse sur des données qui sont déjà moindres. Ça n'a pas de bon sens. »

Les syndiquées de la FIQ sont aussi « exténuées », note Lyne Plante. « On fait du temps supplémentaire, on fait du temps supplémentaire obligatoire, souligne-t-elle. Le mot productivité, on ne l'aime pas, parce ce n'est pas vrai qu'on est un produit. On est des ressources humaines, qu'on nous traite comme des humains, lance-t-elle. On ne travaille pas avec une machine, on travaille avec un humain qui a besoin de soins. »

« Ça va être l'enfer », a pour sa part réagi Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé de Gatineau, qui représente notamment les préposés aux bénéficiaires du réseau. « Ce sont les bas salariés du réseau qui vont être touchés, et c'est toute la population qui va en souffrir, parce que les soins, il n'y en aura pas », dénonce Mme McMillan, dont le syndicat sera touché par l'abolition de 31 postes.

Les trois représentants syndicaux ont également dénoncé la manière dont l'annonce des abolitions de postes a été faite, mardi, affirmant que les dispositions que leurs conventions collectives respectives n'ont pas été respectées.

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