Les itinérants d'Ottawa, jeunes et souvent malades

Environ 200 bénévoles ont visité les 30 refuges... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Environ 200 bénévoles ont visité les 30 refuges et organismes d'aide d'Ottawa en début de semaine, afin de brosser un portrait plus précis des itinérants et des personnes les plus vulnérables qui n'ont d'autre toit que ceux des gîtes, la nuit.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Près du tiers des itinérants d'Ottawa sont âgés de 25 ans et moins, révèle un vaste sondage mené lundi et mardi auprès de 537 personnes vivant dans les rues et les gîtes de la capitale fédérale.

Les chiffres présentés jeudi par l'Alliance pour mettre un terme à l'itinérance (AMTI) d'Ottawa ont de quoi faire réagir. Les jeunes sont surreprésentés, puisque selon Statistique Canada, les 15-24 ans représentaient 13% de l'ensemble de la population du pays en 2014.

Environ 200 bénévoles ont visité les 30 refuges et organismes d'aide d'Ottawa en début de semaine, afin de brosser un portrait plus précis des itinérants et des personnes les plus vulnérables qui n'ont d'autre toit que ceux des gîtes, la nuit.

La tranche d'âge la plus représentée est toutefois celle des 26-49 ans (43%). Près du quart d'entre eux, soit 23%, ont entre 50 et 64 ans, et seulement 2% ont 65 ans et plus. Les 2% restants n'ont pas voulu répondre.

D'ambitieux objectifs

Le but de cette consultation est d'atteindre l'objectif national de trouver un toit permanent aux 20000 itinérants les plus vulnérables au Canada d'ici 2018.

Mike Bulthuis, directeur général de l'AMTI, précise que l'ultime objectif est de mettre fin d'ici dix ans à «l'itinérance chronique», c'est-à-dire l'itinérance à moyen et long terme.

Cette semaine, les organismes venant en aide à cette couche de la population ont appris que 65% des répondants vivaient dans la rue depuis plus d'un an. La durée moyenne du temps passé dans la rue et les gîtes est de 3,7 ans par personne.

«Pourquoi ces gens restent-ils aussi longtemps dans la rue? Ces données sont brutes. C'est un bon point de départ pour agir à court terme», explique M. Bulthuis.

Presque tous les répondants de 16 à 25 ans ont dit vivre avec un problème de santé mentale (91%), d'autres ont confié avoir un problème de consommation de drogue ou d'alcool (78%). Les deux tiers ont confirmé souffrir d'un problème de santé «important».

L'image de l'itinérance n'est pas seulement celle de cette personne assise par terre, demandant de l'argent aux passants, explique le directeur de l'AMTI. «Ils sont parfois cachés... Ils dorment sur le divan d'un ami, louent temporairement une chambre dans une maison, vivent dans leur véhicule, dans des garages...»

Le quart des répondants est autochtone. Par ailleurs, leurs statistiques sur la santé et la toxicomanie sont fort semblables à celle de tous les 16-25 ans.

Trente-neuf itinérants disent avoir servi dans les Forces armées canadiennes.

«Cette itinérance a un coût pour la société, c'est bien évident. Dans les six derniers mois seulement, nos répondants ont eu recours à 500 transports par ambulance, visitant plus de 800 fois les urgences», raconte M, Bulthuis.

Depuis qu'ils vivent dans la rue, 41% d'entre eux disent avoir été battus ou attaqués. Le quart des itinérants ont visité la prison au cours des six derniers mois.

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