Les médecins résidents piqués au vif par Cloutier

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«Les médecins formés au Québec veulent redonner à la société» et «ils le font», affirme le président de la Fédération des médecins résidents du Québec, le Dr Joseph Dahine.

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Le président de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ), le Dr Joseph Dahine, se dit «déçu» que le candidat à la chefferie du Parti québécois Alexandre Cloutier souhaite obliger les médecins à «redonner à la société québécoise» sous prétexte qu'ils profitent de droits de scolarité «extrêmement bas».

En entrevue avec LeDroit mercredi dans le cadre d'une tournée en Outaouais, Alexandre Cloutier avait dit vouloir «s'assurer que ceux et celles qui profitent de frais de scolarité peu élevés puissent bénéficier à la société québécoise», en ajoutant qu'il était «ouvert à la discussion» pour établir les «critères» et les «paramètres» à mettre en place pour y arriver.

Dans une lettre adressée à M. Cloutier, le Dr Dahine affirme que «les médecins formés au Québec veulent redonner à la société», et qu'«ils le font».

«À la fin de ses études doctorales (MD) à l'université, le médecin en formation débute une spécialisation, une résidence qui s'étale sur deux ans en médecine familiale et à plus de cinq ans pour les autres spécialités, souligne le président de la FMRQ dans sa lettre. Pendant cette période, il dispense des services à la population sur une base quotidienne, dans toutes les régions du Québec. [...] Certains diront que ces années de résidence ne sont pas suffisantes pour dire qu'ils ou elles ont "redonné à la société". Mais de là à dire qu'ils ne font que "profiter" des frais de scolarité peu élevés, c'est irrespectueux de la contribution des médecins résidents qui se donnent corps et âme pour soigner tous les patients du Québec.»

De multiples facteurs en cause

En entrevue, le Dr Dahine a insisté sur le fait que plusieurs facteurs peuvent influencer le choix d'un médecin formé au Québec d'établir sa pratique ailleurs. La disponibilité de plateaux techniques dans différentes régions où des postes de médecin sont disponibles est l'un de ces facteurs, croit-il.

«Le gouvernement permet par exemple à un hôpital de recruter un candidat parce qu'il juge que les besoins populationnels sont là, mais l'hôpital n'est pas capable de l'utiliser parce qu'il n'a pas l'argent qui vient avec pour les plateaux techniques, dénonce le Dr Dahine. [...] Il y a aussi des gens qui doivent quitter, mais qui ne l'auraient pas voulu. Les examens de français ont des exigences assez élevées, donc il y en a qui ne réussissent pas et qui s'en vont ailleurs.»

«Je suis juste un peu déçu et tanné d'entendre des messages véhiculés comme ça dans les médias, comme quoi les médecins en général nous sommes un groupe de fainéants ou de profiteurs qui n'ont pas à coeur la société québécoise», dit-il.

Ayant lui-même fait un stage d'un mois en médecine interne à l'Hôpital de Gatineau, le Dr Dahine se dit conscient de la particularité de l'Outaouais.

«Devant l'hôpital, il y avait une grosse pancarte qui essayait, avec de gros caractères gras, d'attirer des infirmières, donc je sais que le problème de recrutement n'est pas seulement pour les médecins. Ce serait mentir que de dire qu'Ottawa n'offre pas une compétition à l'Outaouais pour le personnel médical, il y a une particularité géographique dont il faut tenir compte, qui a un impact. [...] Je pense que ce n'est qu'une question de temps pour que les médecins, les infirmières, les gens viennent peupler l'Hôpital de Gatineau.»

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