Une nouvelle main pour Sebastian

Shannon Lee et Robert Rayson ont fabriqué la... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Shannon Lee et Robert Rayson ont fabriqué la nouvelle main de Sebastian.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Quand la maman du petit Sebastian a cogné aux portes de la Faculté de génie de l'Université d'Ottawa pour savoir si quelqu'un pouvait aider le petit bonhomme de six ans à obtenir une nouvelle main artificielle, la réponse fut immédiate.

Un concours a été lancé. Soixante-treize étudiants ont fait marcher leurs méninges afin de créer, grâce à l'impression 3D, le modèle idéal pour répondre aux besoins de Sebastian.

Vendredi midi, c'est tout sourire que le garçon a pu choisir sa nouvelle main gauche.

Né avec une malformation congénitale, Sebastian n'a pas les doigts de la main gauche développés. Il avait déjà une prothèse lui permettant d'attraper des objets, mais les possibilités étaient limitées.

Sa mère, Lety Chavarria, a un jour entendu parler du projet de l'atelier Makerspace de l'Université d'Ottawa. Un endroit créé... pour créer. Elle a approché les responsables de l'atelier, question de savoir si la conception d'une main artificielle cadrait dans leur mission. C'était le cas.

Sur les 73 étudiants de génie ayant commencé l'aventure lorsque le concours a été lancé, trois ont réussi à mener leur projet à terme. En choisissant sa nouvelle main, Sebastian a du coup annoncé que le modèle gagnant était celui inventé par Shannon Lee et Robert Rayson, étudiants de deuxième année.

Le tandem n'a pas eu beaucoup de temps pour aboutir à un résultat final, puisque les inscriptions au concours ont eu lieu en novembre dernier. «Le processus était compliqué, parce qu'il s'agit d'un design complètement nouveau, a expliqué Robert Rayson. On partait de rien. Il y avait une compagnie qui avait créé une autre prothèse de la main avec des fils, mais il n'y avait pas la possibilité d'y ajouter d'autres éléments, comme le mécanisme pour bloquer les doigts.»

C'est ce mécanisme qui a particulièrement réjoui la mère de Sebastian, puisque la flexion et l'extension des doigts artificiels sont liées au positionnement du poignet de Sebastian. La possibilité de «barrer» les doigts dans une position pourra ainsi l'aider s'il veut faire du vélo et garder sa main bien fixée au guidon sans avoir à forcer trop longtemps avec son poignet, a illustré Mme Chavarria.

Shannon Lee et Robert Rayson ont dû faire plusieurs essais avant d'arriver à la version finale de la prothèse qu'a choisie Sebastian. «Avec l'imprimante 3D, on a eu de la difficulté à trouver comment faire les choses de la manière la plus correcte possible, explique l'étudiant. On a imprimé trois différents types de doigts avant de déterminer quel modèle était le meilleur, et on a créé deux mains complètes.»

Pour le doyen de la Faculté de génie de l'Université d'Ottawa, Claude Laguë, un tel projet illustre bien l'importance du rôle des ingénieurs dans la société. «C'est ça qui donne un sens à ce qu'on fait à l'université, dit-il. Notre tâche principale est d'enseigner aux étudiants à devenir des professionnels de l'ingénierie, mais là, on peut leur donner des opportunités de travailler sur des projets comme ça, qui ont un impact direct et immédiat sur des personnes.»

Et avis à ceux qui sont à la recherche d'un inventeur pour un besoin spécifique: la Faculté de génie de l'Ud'O est prête à vous tendre l'oreille. «On espère que ça va créer de l'intérêt pour ce qu'on peut faire pour la communauté», souligne M. Laguë.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer