«Un risque important» pour la région

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le Dr Louis Godin, et le représentant régional, le Dr Marcel Guilbault, craignent que le projet de loi 20 ne crée un exode des médecins vers l'Ontario.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le projet de loi 20 représente «un risque important que les médecins de la région de l'Outaouais quittent le Québec pour aller s'installer du côté ontarien», affirme le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

De passage à Gatineau hier dans le cadre du premier arrêt d'une tournée de consultation auprès des membres de la FMOQ des quatre coins du Québec, le Dr Godin a affirmé que le projet de loi du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, nuira de différentes façons à l'accessibilité aux médecins de famille s'il est adopté.

La proximité avec l'Ontario est l'un des facteurs qui placent la région dans une situation à risque, croit la FMOQ, puisque plusieurs médecins songent déjà à traverser la rivière pour y établir leur pratique, de crainte que la réforme Barrette soit mise en place.

«J'en ai dans ma clinique, des consoeurs qui regardent déjà ou qui ont déjà fait des démarches pour s'en aller de l'autre côté», souligne le Dr Marcel Guilbault, représentant régional de la FMOQ.

La possibilité de voir de nouveaux médecins rayer l'Outaouais de la liste d'endroits potentiels où établir leur pratique est aussi bien réelle, estiment les représentants des omnipraticiens. Seulement 11 des 33 postes autorisés pour la région en 2015 ont trouvé preneur jusqu'à présent, alors que plusieurs autres régions n'ont déjà plus un poste de libre. «Est-ce que c'est le projet de loi 20 qui nous pend au bout du nez? se demande le Dr Guilbault. [...] Ça nous inquiète.»

En conjuguant ce facteur de proximité avec l'Ontario au fait que les étudiants en médecine pourraient être tentés d'opter pour d'autres spécialités afin d'éviter les pénalités prévues dans le projet de loi 20, le recrutement d'omnipraticiens pourrait s'avérer encore plus ardu dans la région, estime le Dr Godin.

«Mauvaise solution»

Pour le président de la FMOQ, le constat est clair: le projet de loi 20 est une «mauvaise solution qui, d'aucune façon, ne va améliorer l'accès à un médecin de famille». Le Dr Godin comprend toujours mal pourquoi le ministre Barrette ne souhaite pas mettre de l'avant des mesures contenues dans un plan préparé par la FMOQ, soumis il y a 18 mois auprès de l'ancien ministre de la Santé. «Le ministre a préféré la voie législative et surtout la voie de la coercition», s'insurge-t-il.

La Fédération juge également qu'il faut revoir le régime des activités médicales particulières (AMP), qui force les médecins à consacrer un certain pourcentage de leur pratique en établissement au début de leur carrière. Un tel régime n'existe pas en Ontario, ce qui représente selon le Dr Godin un autre élément pouvant favoriser l'Ontario plutôt que l'Outaouais lorsque vient le temps, pour un médecin, de choisir un lieu de pratique. «À peine 60% du travail des médecins de famille [au Québec] est fait en cabinet et presque 40% est fait en établissement, ce qui est le double de ce qui se passe ailleurs au Canada», a-t-il souligné.

La FMOQ poursuivra sa tournée au cours des deux prochaines semaines. Des médecins de famille seront rencontrés dans sept autres villes, et la Fédération établira ensuite son plan de match en vue de son passage en commission parlementaire dans le cadre de l'étude du projet de loi 20.

Le réseau de la santé de l'Outaouais fait face à d'autres compressions inattendues. Québec a confirmé que les directions régionales de la santé publique devront dégager des économies de 24 millions pour l'année à venir. La part des compressions pour la région s'élève à 650000$. Montréal (6,8 millions), la Montérégie (3,7 millions), Québec (2,5 millions) et la Mauricie (2.3 millions) absorbent le plus gros du choc. D'autres pertes d'emplois sont à prévoir.

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